des Peccadilles

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… et autres histoires palpitantes

Pédagogie, dessins et gros fun

9 April 2011

Je vous ai peut-être déjà dit: mes deux parents sont pédagogues. Ils ont travaillé comme pédagogues à peu près toute leur carrière, ils nous ont élevés mon frère et moi en fonction de leur savoir-faire et de leurs valeurs de pédagogues… et aujourd’hui, maintenant que je comprends ce qu’ils ont fait, je les remercie régulièrement. C’est qu’ils avaient une vision, ils nous ont élevés en fonction d’un plan, une vision stratégique. Ils avaient un projet, des valeurs établies. Ici, vous avez le choix de rigoler ou pas… mais je vous assure, mes parents, malgré tout ce que j’ai pu croire durant des années… savaient en titi où ils s’en allaient. Un exemple simple et concret: pour eux le plus important dans le support qu’ils nous donnaient dans nos études, c’était de nous apprendre à apprendre. Le cossin à apprendre n’était pas une fin en soi, ce qui les intéressait c’était la manière. Pour qu’on puisse transférer tout ça dans d’autres sphères de nos vies et être autonomes. Chapeau à eux; ils ont réussi.

Maintenant voilà, j’étudie et travaille en pédagogie moi aussi… et je me surprends, de plus en plus souvent, à m’amuser à jouer à la pédagogue avec ma fille. De plus en plus cette vision stratégique se dessine chez moi. J’ai vraiment l’impression de savoir où je m’en vais. Au cours des dernières années j’ai fait une grosse job de clarification de ma vision, mes valeurs ont enfin été établies et depuis que j’en ai fait la liste et que je leur ai donné une cote, il est franchement plus facile de gérer mes insécurités ou mes questionnements intrinsèques. Prenons par exemple (un exemple qui a zéro rapport avec la pédagogie, question de prouver une fois de plus que j’ai de la misère à être pertinente plus de 5 minutes à la fois) ces longues journées de tourmente qui m’accablaient il y a quelques mois, je me demandais si je ferais mieux d’acheter une auto ou pas, jusqu’au jour où j’ai réalisé que c’est pas dans mes valeurs avoir une auto. : “Est-ce que je veux une auto?” Nah, ça rentre pas dans mes valeurs. Point. Ça a réglé mon problème vlan; d’un coup. Seul bémol: mes relations avec les garçons mais bon, c’est un sujet sans fond. De ce côté là, il me reste encore beaucoup trop de questions et de tâtonnement (sans mauvais jeu de mot) pour que je puisse déclarer que je sais où je m’en vais.

Pour en revenir à la pédagogie, des fois je fais des tests avec Coquinette. Et alors dans l’ordre, j’applique une formule magique (je dis ça mais c’est instinctif, non, je ne calcule pas tout. Oui j’ai appris tout cela en quelque part mais je me laisse beaucoup de latitude… quand même) qui ressemble grosso-modo à:

1- Réactiver les savoir existants (partir de quelque chose de connu, faire parler, impliquer)
2- Démontrer (exposé, recherche, peu importe le moyen de transmission, un savoir est transmis à cette étape-ci)
3- Pratiquer (Coquinette s’essaie à reproduire ce dont elle vient d’être témoin)
4- Encourager
5- Pratiquer à nouveau
6- Encourager, oui, encore
7- …attendre quelques heures, et réessayer
8 – Le bidule est maintenant bien ancré dans la tête de pupuce… et éventuellement, bientôt, ce truc nouvellement appris, l’enfant pourra le transférer à d’autres choses.

Ça marche tellement bien avec Coquinette que c’en est déconcertant. Je vous donne un exemple concret.

Cette semaine ma puce était malade, elle a donc eu une journée de congé d’école. On a pris ça relax… ça ne filait pas. Reste qu’on a tout de même pris le temps de lire des histoires et faire des dessins. Mine de rien j’ai un vague passé de beaux-arts. Bon, j’étais pas particulièrement douée, mais j’ai tout de même une petite base chouette à partager. Du coup, quand ma fille m’a expliqué qu’elle n’était pas satisfaite des chiens qu’elle dessine, j’ai eu envie de lui montrer comment on découpe les choses en ronds et en cylindres. On a installé une feuille géante sur la table de la cuisine, afin d’avoir plein d’espace pour se pratiquer et je lui ai offert de lui montrer à dessiner l’animal de son choix, elle a choisi les chiens. Je suis alors allée chercher un livre de chiens dans sa chambre et on a procédé de la façon suivante:

1- Dessine-moi un chien

– “Oh mais allez, il est quand même pas mal bien ton chien… on va essayer ma façon maintenant... voir si ça va te permettre de t’améliorer

2- “Regarde, tu vois, sa tête? Vois-tu un rond dans sa tête? Oui? Ok, alors on va le faire ici...” J’ai dessiné le modèle de base, avec plein de ronds et de cylindres.
3- Elle a recopié mon modèle (entre là et là, 5 minutes se sont écoulées)

4- Devant mes exclamations et mes félicitations et encouragements…
5- … elle a eu envie d’en faire un second

6- Re encouragements de ma part, je la trouvais bien bonne… Elle a choisi un autre chien, dans une autre position, je l’ai découpé en ronds et en cylindres, elle était tannée de dessiner, alors on a ajourné la séance de dessin. Elle a fait des coloriages à sa guise, rendu là je l’ai laissée entrer dans son monde et décider de ce qu’elle voulait faire.

7- 30 minutes plus tard elle est allée jouer toute seule dans sa chambre pendant que je faisais le dîner.
8- … elle est ressortie de sa chambre avec ceci (ceux-là exécutés de mémoire, sans le modèle sous les yeux).

Voilà, c’est ben ben le fun maîtriser des techniques de base pour aider à apprendre. J’en profite pour vous recommander un petit livre, qui n’a pas vraiment rapport avec les dessins mais beaucoup avec de bonnes stratégies d’apprentissage: Apprendre à apprendre. Ça se lit vite vite vite. Même pas besoin de le lire d’un coup en fait, juste de l’avoir sous la main pour le jour où votre enfant aura besoin d’un coup de pouce supplémentaire.

Arc-en-ciel

6 April 2011

- Ah non! Il pleut!
– Dis, tu sais toi comment ça se fait la pluie?
– Mais oui voyons:  c’est les nuages qui sont fâchés.
– Ah oui? C’est pas des géants qui font pipi?
– Mais nooon, hihi. Là, tu vois, les nuages ils veulent chasser le soleil et ils sont pas contents quand il est là alors ils se fâchent et là; il pleut!
– Huuuum…
– Et puis tu vois, quand ils sont un peu fâchés, ça fait de la petite pluie, s’ils sont moyen fâchés; moyenne pluie. Quand ils sont très fâchés ça fait de la grosse pluie. Mais tu sais, finalement, ils arrivent jamais à tasser le soleil pour toujours, parce que lui le soleil il aime faire les arc-en-ciel et les nuages et le soleils ils aiment tous beaucoup les arc-en-ciel.
– …
– Et puis tu vois, c’est comme ça que le soleil revient!

Note à moi-même: ne pas oublier de poser beaucoup plus des questions à développement à ma fille… et de noter les réponses.

Sot-l’y-laisse

5 April 2011

La semaine dernière, au détour d’une allée, alors que j’étais incroyablement affamée, j’eus l’idée de faire l’acquisition d’un gros poulet de grain, dans le but avoué, oui, oui, pas de secret entre moi et moi; de le faire cuire pour souper, diner, souper, diner, puis souper et diner. Arrive chez moi, le mets au frigo, l’oublie, mange des Mini-Wheats pour souper.

Bref: un échec.

Mais …. Ahah! Je ne suis pas si tête en l’air que cela, nah, pas moi… pas moi… le lendemain, en ouvrant le frigo, je l’ai vu et j’ai fait ce qu’il fallait: je l’en enfourné dans la cocotte, Hiiiiha! Ma poule que j’ai crié: te voilà cuite pour souper! Cuite elle fut. Ça sentait bon le citron (mais ça va, c’était normal, je l’avait cuite avec un citron, justement). Enfin bref, je la sors, je me brule, je fais semblant que ça me dérange pas, je suis toffe moi; je désosse la poule quand elle est chaude. Bon, bon…  non, je suis pas toffe pantoute; si je m’en occupe pas dès sa sortie de cuisson, je l’oublie et la perds.

Je la désosse donc, le coeur rempli de joie: “Ahah! Tu croyais m’échapper coquine!”

– Mais non idiote, c’est toi qui allais m’oublier. Et encore, une chance que j’ai couté la peau du cul, sinon tu m’aurais effectivement ignorée jusqu’à mon passé-date.

J’étais bouche bée. Une poule qui répond. Cuite! Pis tout. Qui sent le citron.

– Ah ma v’limeuse! Tu réponds! Tu réponds! Tu veux jouer à passe-passe han? Ben j’vas t’en faire moi des tours… kin! Le pilon.

– Ouch… Ahah! Ben non, ça fait même pas mal, j’suis cuite imbécile….

– Bon, bon… on pourrait se parler gentiment aussi… en plus tu sens si bon.. tu sens le citron…

– Ouais, toi t’es gentille, tu m’a enfournée avec un oignon. Tu sais, je préfère de loin être savoureuse qu’insipide. Je t’en dois une là.

– Ralala, je suis flattée, vraiment.

– Hé! Mais qu’est-ce que tu fait là?

– Ben c’est des os… je les jette, tu veux quand même pas que je te mange les os?

– Mais non, regaaaarde; t’as laissé mon meilleur… mon sot-l’y-laisse…

– Oh comme c’est triste, mais oui, t’as raison, je l’avais pas vu… pauvre de toi, ça doit être insultant.

– Ah non ça va, c’était toi la sotte. Pis tu vois, tu l’as vu tu l’as repris, et puis bon, je le vois bien là que t’es en train de farfouiller dans les autres os à la recherche du deuxième… T’apprends plutôt vite je trouve. T’es presque douée…

– Hum hum répondis-je alors, fort occupé par ma besogne, avant de le trouver enfin.

– Ben c’est comme toi..

– Moi?

– Ben, oui, tu me dis si je me trompes, mais t’es un peu comme un sot-l’y-laisse

– Ah non, moi on me laisse pas. Pas souvent en tout cas. Une demie fois.

– Hum, hum…

– Ok, une grosse demie…

– Hum, hum…

– …

– …

– Ah arrête de pas parler! J’me sens toute mal là. Ok, ok, t’as raison, des fois je me sens comme un sot-l’y-laisse…

– Et vlan.

– Sauf que tsé, pas tant que ça…

– Mais si.

– Mais non.

– Mais si.

– Mais non, pis t’en sais quoi toi, d’abord, de mon envie de sortir avec des sots?

– …

– Vieille pie.

– Hé!

– Bon, bon, gentille pie…

Photos, manque de concision, n’empêche que oui elle est jolie la lumière du soleil je trouve…

5 April 2011

Bon, évidemment, maintenant que j’ai une machine qui fonctionne, j’ai pu transférer mes photos sur Flickr… après quelques maux de têtes dus à mon flagrant manque de concision (Cuba 2009: 33 photos, Cuba 2011: 144 photos, *touses* *tousse*), j’ai fini par tout mettre en ligne en pressant “go” et en fermant les yeux très fort, me disant que “Ah pis merde, si personne veut les voir mes 144 photos, ça vaaaa; c’est MON Flickr”. Voilà donc: vous serez concis si ça vous chante, moi ça me tentait comme pas de l’être le soir où j’ai tout téléversé en bloc.

Ici est le Flickr à Bibi. Bibi a son Flickr ici.

Et je vous en mets quelques unes ici. Parce que.

Bon, on s’en doute quand même un peu: ça, c’est pris de l’avion, on est au dessus de l’eau, et c’est bleu en dessous. On les voit pas super bien là, mais je vous le dis, j’en suis sûre: il y a des crabes en bas et aussi des tas de poissons.

Ça c’est Coquinette dans le bleu, parce que oui, Cuba c’est ben ben bleu, et aussi beaucoup vert et jaune; surtout quand il fait soleil. Un peu flou aussi des fois, pour certains touristes… enfin je crois.

Mon premier french de l’année: avec une belle méduse. Ouais ça pique un peu, ça m’apprendra à nager la bouche ouverte. N’empêche c’est quand même mieux que rien, euh, je suppose.

Le soleil qui se couche sur la mer calme. Ah que c’est ro-man-ti-que!

Et pis ça ben c’est mon ombre. Je commence à avoir une belle collections d’ombres d’ailleurs. Plus ça va plus je me dis que c’est un chouette projet ça: faire le tour du monde pour y photographier son ombre, l’éphémère qui passe par là… un peu plus et je deviens poète de l’ombre. Ou de pacotille, c’est selon.

Et voilà! Si vous en voulez plus; vous êtes bienvenus sur mon Flickr, si une fois rendus là vous en avez trop (il y a quand même la possibilité que…) et bien magie! Vous allez voir votre Flickr à vous et vous vous rappelez que vous aussi, vous faites de jolies photos.

Calinours

5 April 2011

Ce qu’il peut y avoir de surprenant quand on a de bons amis, c’est d’assister encore et toujours à la force de leurs pouvoirs. Des fois, on dirait quand même une peu des Calinours. Oui, oui, pour vrai.

Comme l’autre jour, un ami  m’avait déniché un G4 pour me dépanner, un autre refusant de croire à la mort de mon ordi, est venu chez moi inspecter ma machine. Ils sont venus tous les deux en fait…. et? Verdict encourageant: “Ben non y’est pas mort ton ordi, on va t’accompagner au magasin nous autres, ils vont te le réparer tu vas voir”.

Et puis voilà, chose promise, chose faite, ils sont venus pour de vrai, dans la vraie de vraie vie, avec moi un samedi matin pour expliquer le problème dans un vocabulaire cohérent (soyons honnêtes, maudit que j’ai pas la fibre revendicatrice, pis oui bon: j’ai besoin de protecteurs virils pour faire valoir mes droits) au monsieur du Apple store. Le lendemain, vous ne me croirez pas; je sortais de la boutique avec sous le bras: mon ordi tout réparé, une nouvelle carte mère en son sein… autant dire une belle machine neuve. Enfin bon, neuve ou pas, à comparer au G4 que j’utilisais depuis des jours, mon ordi réparé a des allures de bolide supersonique. La machine du futur. Et puis voilà, voilà comment j’ai réalisé que j’étais entouré de calinours et que des fois, quand des briques me tombent sur la tête, il y a des gens fins qui combattent les forces obscures susceptibles de mettre en danger mes belles remises de travaux de session (et éventuellement, ma bonne humeur).