des Peccadilles

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… et autres histoires palpitantes

Schtroumpfs

30 November 2010

Je suppose que ça vous arrive à vous aussi des fois… de ne pas être productif…

D’habitude, je suis plutôt productive. Oh, j’ai des hauts, des bas, mais en général je me situe il me semble, plutôt dans la catégorie des gens productifs. Je mène plusieurs projets de front, je remets mes trucs grosso modo aux bonne échéances… et tout et tout. Bien sûr qu’ici, des fois je vous raconte que je suis en retaaaaaard et dans le juuuus. Seulement voilà, il faut lire: je suis en retard par rapport à l’objectif que je m’étais fixé. Celui-ci diffère souvent de celui que les instances extérieures me fixent. Ben oui, j’suis de même, je carbure à la pression. La mienne, celle des autres et celle que je m’imagine que les autres ont à mon endroit. Et des fois pas. Disons que pour mes travaux d’université je suis souvent en retard. Bonne, performante, mais en retard. Au travail je remets, il me semble, mes trucs à temps. Sauf quand je calcule mal mes affaires, parce que je suis nouvelle et que ben ouais… je l’avoue, j’ai de la misère à estimer comme du monde des délais “normaux” pour produire des choses que je n’ai jamais produites auparavant.

Hum… attendez… en fait, ça n’était pas de cela que je voulais jaser ce soir. Nope du tout. Je voulais vous parler des schtroumpfs. D’un autre coté, vu que j’ai commencé avec la productivité, je vais finir mon point avant de passer au second. Tant qu’à m’être rendue là, creusons dont un brin. La productivité. Ça m’intrigue moi: la productivité. Comment ça se fait, par exemple, qu’on peut être capable de travailler 9 heures en ligne sans prendre de pause, 2-3 jours de suite et que la semaine d’après bang; on frappe un jour où on est incapable de fournir une heure de productivité décente. Comment ça se fait que pendant 3-4 midis de suite on dirait qu’une heure c’est pas assez mais que la semaine suivante t’as beau tourner en rond, tu n’arrives pas à prendre plus de 15 minutes pour dîner. Enfin bref, bon, je suis franchement intriguée… surtout de la norme en fait. Comme dans : “Oui mais là; c’est quoi la norme?” Si je suis super productive une semaine et que je remplis toutes mes missions comme une déesse, pourquoi je me sens coupable si j’ai un coup de barre la semaine suivante? Comment ça se calcule une productivité moyenne? On devrait se permettre quoi? À partir de quand on devrait se freiner délibérément parce que c’est trop, ou se botter le cul parce que c’est pas assez? Et si un jour t’es une machine et que tu réussis des prouesses intellectuelles, devrais-tu essayer de te brimer la productivité pour… rentrer dans le moule? Et si un autre jour, après 2 cafés, 3 thés, une promenade en chandail à -je-sais-pas-quoi-mais-c’est-froid-en-titi pour essayer de te réveiller, tu as encore et toujours les deux yeux dans le même trou, as-tu le droit de dessiner des bonhommes dans les marges des documents importants que tu es en train de relire sous prétexte que c’est le seul moyen que t’as trouvé pour ne pas t’endormir au bureau?

Dans l’ensemble, on s’entend pour dire que sur 1 ans, tout cela fait probablement une bonne moyenne. C’est juste que le peu de jours où l’on n’est incapables de se réveiller et fonctionner comme les gens normaux, ça mine le moral.

En tout cas, donc je méditais là dessus tantôt: ma productivité, les raisons expliquant ma non-productivité du jour (comme mettons ma fin de sessions, me semble ça serait une bonne raison ça, pour avoir de la misère ou pour fonctionner de façon ne serais-ce que simili efficace). Je méditais disais-je et j’ai soudainement eu très envie d’être un schtroumpf.

Vouaip. Un schtroumpf.

Je me voyais, rentrer chez moi après une grosse journée de boulot, arriver devant mon petit loft creusé dans un champignon, mon chien est déjà dehors en train de jouer dans la neige, il a pu sortir tout seul parce que la porte n’est pas barrée. Il ne s’est pas sauvé, parce que c’est un chien de schtroumpf, les chiens des schtroumpf n’auraient pas idée de se sauver. Tsé. Je serais entrée chez moi, un voisin aurait fait un feu dans la cheminée parce que les schtroumpfs, c’est fin et ça pense à ces choses-là. Ben oui. Et là, mon ami le schtroumpf pâtissier serait venu cogner à ma fenêtre pour m’offrir des cupcakes. J’en aurais pris 2-3. À la salsepareille. Là, le schtroumpf musicien serait venu me jouer des tounes, pendant que moi je me réchaufferais devant le feu. Le schtroumpf à lunettes serait venu cogner et il aurait essayé de m’expliquer un truc compliqué que j’aurais fini comprendre, voyez. Après le souper, je serais allée à la grande fête du village et j’aurais dansé en rond et sauté partout pendant des heures en tenant, tour à tour, mes 99 amis par la main. Je serais entrée chez moi crevée, mais heureuse, d’avoir une vie si comblée.

J’aurais pas eu besoin de setter le réveil matin à la bonne heure pour le lendemain, je me serais fiée au chant du coq.

Vraiment, là là, je crois qu’on eut même mettre le doigt sur une date. Le 29 novembre 2010; j’ai réalisé à quel point les schtroupmf l’ont facile et j’ai crié INJUSTICE! Vouaip. Comme.

Flickr

21 November 2010

J’ai mis mon Flickr à jour pour Lafayette, les photos sont plus grosses que sur mon blogue.

Lafayette dans le frette

21 November 2010

J’avais envie de marcher en montagne cet automne mais ça n’a pas été possible. Dernière sortie, aux Monts Flume et Liberty, j’ai eu les genoux sensibles pendant plusieurs jours, m’empêchant de courir (et donc de me préparer pour mon 10 km au marathon de Montréal). Un mois avant le marathon j’avais donc mis de côté la montagne, préférant, temporairement, privilégier la course. J’avais grand besoin de nouvelles bottes aussi, les miennes me blessaient terriblement, je prenais 1 mois pour me guérir de mes ampoules après chaque montagne. J’ai fini par acheter mes nouvelles bottes en septembre, des Garmont, que j’ai testées en compagnie de Coquinette, sur un sentier de la Forêt Ouareau au tout début de l’automne.

L’école ayant recommencée pour Coquinette et moi. Je suis tombée dans le jus pas mal… Bien sûr, je regardais les montagnes sur Internet, mais je me demandais s’il était sage ou pas d’aller en braver une et reculais toujours devant le défi. Trop fatiguée, trop dans le jus. Et je ne me trompais pas, enfin je ne crois pas. Parce que le samedi quand je me réveillais à 8h, reposée, et que je jetais un coup d’oeil à ma liste interminable de tâches, je me rendais bien compte que de me lever à 5h et passer ma journée dans le bois n’aurait pas été bien bien sage.

Reste que je m’ennuyais ben gros des montagnes. Puis, j’ai déménagé. Mine de rien, le timing était encore sensiblement pourri pour me sauver.

Puis… pis là, fin novembre, j’ai eu l’occasion de partir avec un groupe, accompagnée de quelqu’un que je connais, pour monter Lafayette. Bon, bon, je l’avais déjà fait Lafayette et je l’avais bien aimé. D’habitude j’essaie de ne pas “refaire” mes montagnes… c’est qu’il y en a tant à grimper, si je m’attarde sur l’une et sur l’autre, je n’arriverai jamais à toutes les faire…

Cette fois-là par contre, parce que c’était différent, parce qu’il y ferait froid, qu’on devrait porter des crampons, que la dynamique s’annonçait complexe j’ai sauté dans l’aventure à pieds joints. J’ai appelé l’agence avec laquelle je fais affaire d’habitude pour les montagnes, et me suis inscrite. Dans ma tête, j’appelais pour réserver une montée de Lafayette, avec des crampons. Rien de tant si spécial me disais-je. C’est là que le monsieur m’a dit: “Vous savez, c’est une montée d’après-midi, vous partez plus tard de Montréal, vous commencez à monter vers 1h30, vous arrivez au sommet pour le coucher du soleil et vous redescendez avec vos lampes frontales”.

– Yay! Que ça m’a fait. Là… tu parles de quelque choses de spécial!

Lafayette c’était hier. Et spécial, ce fut. Je vais vous mettre quelques photos, mais probablement aucune ne réussira à traduire la fierté de la photographe. Ce sentiment de conquérant. Cette sensation, qui vous imbibe le coeur; cette certitude que vous êtes quelqu’un de privilégié. Vous verrez le paysage, version photo, mais pas la larme de joie de la fille qui réalise sa chance… d’avoir accès à ça… à quelques heures de distance de chez elle. Au delà de cela, il y a la chance inouïe de pouvoir s’y rendre, dans une forme ma foi plutôt impeccable, en compagnie de monde enthousiastes et amusants. Je sais bien que des milliers de gens l’ont fait avant moi, je n’ai pas le monopole de la bonne forme. Tenez, hier, à la fin de notre descente nous avons croisé un papa et son fils ado, ils montaient de nuit, pour camper dans la neige. C’était la troisième paire de campeurs que nous croisions de la journée. Ils ont tous eu le spectacle du lever du soleil sur le parc de la Franconia ce matin. Ces gens-là partaient voir un spectacle de privilégiés; ils étaient ce matin aux premières loges pour admirer la beauté du monde.

Je vous fait un retour rapide sur la rando, tout d’un coup vous auriez un jour envie de faire de même. C’était ma première rando de frette et de nuit, sincèrement, je ne vois pas trop pourquoi je m’en privais. Marcher dans le bois avec sa frontale, c’est ben ben le fun. Première rando en crampons aussi. Pour la monté je n’en ai pas eu besoin du tout. Je les avais dans mon sac mais ne les ai pas sortis. Les autres randonneurs non plus. Nous avons tous chaussé nos crampons à partir du refuge, le Greenleaf Hut. La montée jusqu’au refuge s’est fait dans la joie, à très bon rythme. Le soleil descendant était magnifique, à tous moments je m’extasiais à la vue des jeux de couleurs qui m’étaient révélés. Glissé 1-2 fois en montant (c’était glacé beaucoup, surtout vers la fin). On a eu tellement chaud… disons que ça a fait des sac à dos lourds (nos multiples pelures se retrouvant éventuellement dans le sac plutôt que sur nous). Je suis montée vêtue, pour le haut, de 2 chandails en fibre synthétique et la partie supérieure de mon manteau d’hiver (tsé là les manteaux qui se défont en 2; une doublure et un gros coupe-vent? Bon c’est ce que j’avais sur le dos), petite tuque, pas de mitaines, pas de cache cou. Le Greenleaf Hut se trouvait au bout de 631 mètres de dénivelé, le refuge est à découvert, tout de suite en y arrivant il a fallu s’habiller en vitesse car le froid était mordant et le soleil descendait très très vite. Le refuge était barré, il nous coupait du vent mais nous n’avions pas accès à l’intérieur. J’ai sorti toutes mes pelures supplémentaires, et me suis presque gelé les mains en essayant de poser mes crampons, d’un vieux modèle, fort compliqué à attacher comme du monde. Je suis partie pour le sommet vêtue d’une cagoule, de ma tuque à oreilles, de mitaines de ski (avec des sachets de hot hands à l’intérieur pour me donner une chance de me réchauffer. Je portais un polar, 2 chandails, ma doublure de manteau et sa coquille extérieure, je n’aurais pas pu me rendre au sommet avec moins, il a fait frette en titi pour le dernier 391 mètres de montée.)

Le départ du refuge a été magnifique, le Mont Lafayette était alors touché de plein fouet par le soleil couchant. La montagne blanche était rose, jaune, le ciel de toutes les couleurs: jaune, rose, orangé, bleu, mauve. C’était spectaculaire.

Se rendre jusqu’au sommet a été plutôt facile disons pour le 3/4 du chemin, le dernier quart a été très dur, assez pour que quelques uns d’entre nous se demandent un peu ce qu’ils faisaient là. Les vents étaient puissants et il faisait froid. Très. Je bénissais mes hot hands et chambranlais par moments sous le poids du vent. Monter sans crampons aurait été impossible. Je ne sais pas à quelle vitesse était le vent au sommet. Quelqu’un m’a dit 100km , mais je ne retrouve pas la donnée sur les sites de météo sur Internet. Au sommet de Washington hier les rafales allaient jusqu’à 70km/h, je me dis que c’est probablement le même genre de vent que nous avons croisé. J’ai pris plusieurs photos du coucher de soleil en montant, mais les dernières minutes avant d’arriver au sommet, disons que ma concentration allait vraiment à “atteindre le sommet”, pas à jouer au kid kodak. Oh, le paysage était sublime, mais je n’arrivais même pas à tenir l’appareil sans qu’il ne bouge… héhé. Ouais, pour de vrai. Oh, moi, je tenais en place, mais pas solidement. Mettons que j’étais sur mes gardes en titi. Que je m’encrais les crampons comme il faut et que l’idée d’aller pisser derrière une roche ne m’aurait jamais mais alors là jamais traversé l’esprit. C’est pas mal là que je me suis dit:”Ouais poupée, mettons que j’pense tu serais pas assez lourde pour te lancer dans l’alpinisme, c’est pas mal le top de vent que tu serais capable d’affronter sans t’envoler”.

Arrivée en haut on a pu se cacher du fameux de vent, boire, manger des jujubes d’électrolyte, resserrer nos crampons, enfiler nos frontales; il faisait maintenant nuit. Nous avions monté en petits groupes de 2-3, nous sommes redescendus en plus grands groupes, se tenant serrés et pressant le pas car le vent, la nuit, le froid… n’incitaient pas à les braver davantage. Rendus aux premiers petits sapins, au bout d’une vingtaine de minutes, j’ai pu faire mes adieux au vent, à ma quand même assez grand joie. Il ne nous restait alors que 2h30 pour descendre. Rien à dire sur la descente, c’était vraiment amusant. Les crampons étaient indispensables, nous sommes à peu près tous tombé une fois, sinon plusieurs. Mon eau avait gelé au sommet de la montagne, j’ai dû en quêter à d’autres et me rassasier de mes restants de soupe que j’avais trimballée dans un thermos.

Voilà. C’est une de mes plus belles expériences en montagne, sans contredit ma plus difficile, mais aussi la plus signifiante. 7 heure de rando, presque sans arrêt, manger en marchant pour ne pas prendre du retard, aucun arrêt pipi, pas faute d’avoir envie mais bon, c’était comme gênant, il n’y avait pas grand place pour se cacher… Cette idée de rando de fin d’après-midi pour arriver au moment du coucher du soleil était géniale. La rando la nuit, parfaite.

La petite montée tranquille mais constante et quand même exigeante.

Bon je l’aime ma roche.

Glace, glace, glace. On était à 10 minutes du refuge environ.

Lafayette dans le soleil couchant. 3 minutes plus tôt. la montagne était rose intense.

Pas encore la nuit mais ça s’en vient en titi, il faut presser le pas pour arriver vite en haut!

Ça gèle en prenant le sens du vent, héhé…

Un fichu de beau spectacle.

Un petit bout de descente. Oui, oui, ce que tu vois c’est un filet de neige déposé sur des petites plaques de glace. Toi aussi t’aurais été content d’avoir des crampons han?

Mon p’tit corps ce matin il dit quoi? J’avoue que j’ai de la misère à le croire mais non, je ne suis pas raquée. Ah… et j’étais de niveau pour la rando, je suis allée à la même vitesse que le groupe. En tête une bonne partie de la montée, ensuite j’ai essayé de ralentir pour garder mes énergies. À la descente je tenais le rythme comme une championne. On a conclu la rando plus rapidement que prévu et nous sommes arrivés à Montréal avec 30 minutes d’avance. J’suis full fière. Ce matin, j’ai l’ego gonflé gros de même. Je prends tout de même deux minutes pour remercier mon corps de me permettre de vivre des aventures semblables. Tant qu’à y être, je remercie aussi mon front de boeuf.

Enfin bref, Lafayette et moi on a une relation houleuse mais j’ai quand même réussi à le grimper. Pis solide à part de t’ça.

Ti-coeur, es-tu prêt? Nah…

19 November 2010

Depuis quelques jours, j’ai pris des nouvelles de certains de mes amis. C’est toujours le fun de prendre des nouvelles de ses amis et de voir qu’ils vont bien beaucoup. Ce qui est amusant c’est qu’on est plus ou moins tous tombés célibataires cet été.

Alors voilà, parle, parle, ils me racontent leur vie je raconte la mienne. On se réjouit tout le monde pour tout le monde et je raccroche avec un mal de joues tellement j’ai rigolé. Ils sont chouettes mes proches.

Puis… quelques heures/jours plus tard, ça me frappe en plein visage. Nah… mais attend… tu veux dire que toi, depuis la dernière fois qu’on s’est vus… t’as cruisé (et scoré) à ce point? Et voilà que ce constat vient éveiller autant de sources de perplexité chez moi, que… que… qu’il y a de pitons sur mon téléphone. Déjà, wow, je trouve que mes amis sont bien chanceux d’avoir autant de temps à investir là-dedans. Parce qu’une maman qui travaille à temps plein et étudie: ça n’a pas de temps. Pis ça donne des pick-up lines pourris comme euh: “Salut, heille tu m’intéresses comme peut-être, mais j’ai hum pas de temps à te consacrer. Ça te tenterait de passer chez nous des fois et faire dodo en cuillère? Genre.”

En tout cas, bon, depuis quelques jours, afin de m’assurer que rien ne cloche chez moi, je me suis lancée dans l’autoanalyse de mes motivations à oser la démotivation comme leitmotiv.

Faque? Ça donne quoi? Honnêtement, je n’en suis pas trop sûre. J’ai déménagé, j’ai trouvé une nouvelle job, j’ai étudié, j’ai joué au parc, mes boîtes ne sont pas toutes défaites, je file pour m’installer, m’ancrer en quelque part avant d’y accueillir du nouveau monde. Puis je suis submergée par le fameux de train train quotidien… ceci, plus cela; ça a donné; zéro sortie pour draguer. Doublé de zéro initiative de style réseau contact. Une fois j’ai invité un garçon à prendre un verre. C’était ma seule initiative des 6 derniers mois. That’s it. Et… et… me voilà donc en train de me demander, depuis des jours, coudonc, suis-je normale? Me semble que justement, les gens de mon âge, quand ils sont célibataires, ils cherchent. Ils font un effort. Je dis pas que ça marche, mais ils veulent au moins. Bibi elle? Absence flagrante de volonté. En fait, quasi totale. J’ai beau avoir vécu une pas pire relation dans les dernière années, avoir repris confiance en l’amour et tout, pour le moment; je file pour écouter des films toute seule et chanter à tue-tête mon pseudo-opéra dans ma douche.

Peut-être suis-je aussi encore très imprégnée de l’esprit romantique qui a bercé mes rêves d’adolescente? J’arrive comme pas à me résoudre à me faire un profil sur un site de rencontre. Me reste l’option de l’épicerie.

Ou Facebook.

Mais là je trouve que ça fait un peu trop de mecs que j’ai trouvés sur Facebook, alors j’essaie d’être originale et de trouver HDMV* ailleurs… genre euh… ok, j’en ai aucune idée. Mais ça ferait drôlement mon affaire de trouver un gars bien à l’épicerie ou sur une trail, dans un show des Pixies, ou sur une piste de course. Ou tiens à la piscine (il serait alors probablement en train de me sauver la vie après que j’aie eu l’air de me noyer, épuisée après ma 8e longueur de nage en petit chien, ce qui me permettrait de soupirer un beau merci en clignant des yeux). Plus sérieusement, je réalise qu’outre la solitude qui pèse parfois, je n’ai pas besoin d’être 2 pour être heureuse. Je m’auto suffis. Pour le moment du moins. Je me trouve équilibrée, je fais plein de choses amusantes, j’ai tout plein de projets, je bouge, je ris, je vois du monde, je suis zéro découragée. Zéro découragée, mais tout de même dubitative… toujours ce pourquoi qui me hante. Pourquoi eux cherchent et moi j’en ai pas envie. Pourquoi ça ne me tenterait pas d’essayer de sortir avec des gens qui ont un certain potentiel au lieu d’attendre, inerte, qu’un mec avec qui ça ne peut qu’indubitablement marcher passe par hasard dans ma vie?

Peut-être que je résiste trop au fameux de réseau contact? J’ai déjà essayé, ça m’emmerde. Je mets plein d’énergie à me faire un profil et première chose que je sais: je prends peur et efface tout après deux jours. Et pis j’ai une phobie d’y retrouver du monde que je connais. +, je suis plutôt maladroite quand vient le temps de vendre ma salade, je serais du genre à mettre  “Fille pas si pire, cherche mec plutôt bien, pour se voir des fois“.

Enfin, bon, je crois que je suis un peu trop dans la lune pour entreprendre une démarche sérieuse de recherche de l’âme sœur. Je préfère, pour le moment du moins, attendre, béate, voir si quelque chose va se passer tout seul. Voilà. Je me suis mis dans la tête de tester les limites de ma bonne étoile. D’ici à ce que je me tanne de ses performance, j’aurai au moins le plaisir de passer du temps avec mon moi-même… et j’aurai probablement tout plein de temps pour m’autoanalyser tout plein d’autres bébittes à 6-8 et quarante-douze pattes.

Peut-être que je file juste pas pour me planter aussi. J’ai peut-être envie de bien des choses ces temps-ci, sauf de me planter… une autre fois.

*HDMV, est le nom que je donnais anciennement à futur-homme-de-ma-vie, du temps que j’étais célibataire, en 2007. Si vous cherchez HDMV dans mon outil de recherche vous allez tomber sur plein de textes dans lesquels je me posais 56 000 questions à son sujet.

4

12 November 2010

Aujourd’hui… mon blogue a 4 ans. Me suis amusée à répertorier tout ce que j’avais fait ici pendant ces 4 années, ça fait vraiment beaucoup. J’ai eu 2 chiens, 1 lapin, 1 chat, un lézard, 2 poissons, 9 souris, 2 araignées. Je ne sais plus combien de plantes, mais beaucoup.

J’ai eu 2 chums, deux relations qu’on peut qualifier de longues (10 ans et 2 1/2 ans). Cassé 2 fois. Dragué 4 garçons, ça fait une bonne moyenne au bâton je trouve. 3 jobs différentes (adjointe aux communications, enseignante de français, conseillère pédagogique), sans compter les contrats, la plupart en éducation. J’ai commencé des études de 2e cycle. Ma fille commençait à peine la garderie en novembre 2006, là elle est à la maternelle. J’ai déménagé 2 fois, me suis fait beaucoup de nouveaux amis, en ai perdu un peu. J’ai vécu une période super noire. Fort heureusement pour moi, c’était quand même assez bref. Je suis allée à Québec, Toronto, Vancouver dans le Maine, à Seattle, Cuba, Paris… et plein de fois en Mauricie, ma région adorée. J’ai monté plusieurs montagnes au Québec, dans le Vermont et le New Hampshire. Me suis initiée à la course, j’ai progressivement arrêté d’écouter la télé. J’ai switché de PC à Mac, me suis acheté une Wii, 2 Ipod, j’ai changé d’appareil photo 3 fois. J’ai teint mes cheveux 1 fois, me les suis fait couper 3 fois. Mon frère a eu 2 enfants. J’ai recommencé à jouer du violon. J’ai commencé à chanter. J’ai appris à écouter mes parents. Et j’ai fait du parapente.

À la lumière de tout ceci, je me dis qu’en général, j’ai un genre de pas pire de talent pour m’amuser. J’aime les animaux et les voyages, je ne suis finalement pas très douée en amour, ni pour l’entretien capillaire, par contre plus ça va plus je me trouve bonne musicienne. Les gadgets m’enchantent, je change de job comme je change de bobettes, ou bien je suis prise dans la perpétuelle quête de contrats, c’est selon. Un tantinet hyperactive, ou à tout le moins nette tendance à avoir une énergie débordante. Imprévisible par moments. Comme là mettons; bien futé sera celui ou celle qui arrivera à me dire je serai où l’an prochain à pareille date. Si le passé est garant de l’avenir, moi je donne ma langue au chat.

*Update*

Maintenant si on fait le calcul pour le fun, en essayant d’être conservateur. Mon panneau de contrôle me donne 1270 billets au total.

On va mettre disons 15 minutes de rédaction en moyenne, des fois ça me prend 1 heure, d’autres 5 minutes, mais disons 15 minutes, pour le fun.

19 050 minutes. 317,5 heures. Remettons ça sur une semaine de 35 heures… ça donne 9 semaines de travail, juste pour la rédaction des billets.

3042 commentaires récoltés, j’ai probablement dû en écrire le cinquième.

Joli passe-temps…

Chanter tout seul

12 November 2010

Au début je me disais que j’arrêterais de pédaler début octobre. Parce que le vent se lève à l’automne. Enfin, j’avais un souvenir de ça, du temps où j’étais jeune et fringante et que je pédalais pour aller travailler. D’avril à septembre ça m’amusait mais ensuite; plus trop, non. Dans la pluie non plus je ne m’amusais pas. Je me suis donc dit que cette année je pédalerais quand il fait beau et j’arrêterais avec la venue du vent.

Puis, quand la saison mouillée s’est pointé le nez, j’ai suivi les conseils qu’on me prodiguait et j’ai investi dans des couvre-chaussures. Ça et un pantalon de pluie en spécial, muni de bandes réfléchissantes et tout. Mon doux me suis-je dit après l’affront de la première pluie; c’est dont ben le fun pédaler dans l’eau! Non seulement j’arrivais sèche chez moi… malgré mon 30-35 minutes de vélo sous des ondées parfois quasi diluviennes mais en plus j’avais le plaisir ultime d’être toute seule sur la piste. Pas seulement sur la piste en fait; dans la rue au grand complet. Oh, il reste des autos mais elles ferment leurs vitres quand il pleut, du coup moi je me retrouve isolée, et fort heureuse de me retrouver ainsi isolée-en-liberté.

Pis ça; c’est le fun. Beaucoup. Tu peux partir du boulot, siffler, chanter tout ton répertoire, l’adapter en simili opéra. Jouer aux trémolos en attendant le feu vert… tu peux tout en fait; tu deviens vite le roi du dehors, parce que personne n’ose jouer sur ton terrain de jeu, qui fait dans mon cas, un peu plus de 5 km de long.

Depuis que j’ai fait réparer mon pneu en fin de semaine j’ai recommencé à me rendre au boulot à vélo. Il fait froid. Ça a baissé vraiment beaucoup en 20 jours. Du coup… ben non; il n’y a plus personne en vélo sur mon chemin. J’avance donc plus vite, je chante davantage et mieux.

Et alors que je vocalise dans la joie, debout sur ma monture, le vent froid en plein visage, que j’admire le croissant de lune et les étoiles qui se lèvent… j’ai un petit pincement au coeur. Bientôt, d’ici quelques dodos… je retournerai au bus. M’asseoir les fesses serrées entre deux inconnus. Je me brancherai sur mon ipod en attendant que ça passe. Le voyage. Le monde collé. Les quarante-douze arrêts avant d’arriver au métro. Oh, je n’en voudrai pas à l’hiver, que j’aime très fort pour plein de raisons, mais mon petit doigt me dit que cette année, plus que toutes les précédentes; je vais m’ennuyer en titi de mon vélo.

Ça avance plus que ça avance finalement

9 November 2010

Mine  de rien, les perceptions, c’est amusant et ça enchante. Tenez, par exemple, en fin de semaine, je me morfondais de la grisaille et de l’immobilisme du moment. “Rien n’avance ici” me plaignais-je. “Mais pourquoi il ne se passe ja-mais rien” me tourmentais-je… “Ah merde, ça y est: ma vie n’est plus qu’inertie”.

Et puis me voilà, toute la fin de semaine durant, en train de picosser le tronc de mon existence.

J’avais pensé aller marcher en montagne, monter un truc de gros et de chouette, mais je me suis retenue. Ça n’aurait pas été raisonnable que je me disais… on ne se sauve pas comme cela de chez soi; alors qu’on peine à trouver son lit derrière les boîtes le soir venu. Alors qu’on se réveille à la lumière du jour because; y’a toujours pas de rideaux dans nos fenêtres. Non, vraiment, il y a être spontanée et être spontanée. La première n’a pas de cerveau, la seconde se paie des escapades une fois les rideaux posés… pas avant.

Je me suis donc retenue, je ne suis pas allée me promener en forêt, je suis restée chez moi, à me demander comment cela se fait que les choses n’avancent pas plus vite… et je me demandais…. je me demandais… pendant ce temps là…. Comme c’est pas trop mon genre de me demander immobile sur le futon (de toute façon je ne peux pas m’y asseoir; y’a trop de boîtes empilées dessus). Je me demandais disais-je, puis tout d’un coup, sans crier gare, dimanche 22 h est arrivé et, par accident, j’ai commencé à recenser ce qui avait été fait. Cette impression d’immobilisme fit tranquillement place à la perplexité avec un grand P. Révélée, je l’avoue, devant le constat de l’ampleur de tout ce ceci accompli: Pépette a été promenée près de 3h en fin de semaine, je suis allée chez Ikea, j’ai une armoire montée et remplie de vêtement savamment placés et repassés, idem pour la commode. Mes bibliothèques sont pleines, les livres y sont rangés en ordre de grosseur et par discipline. 3 litres de potage à la courge ont été concoctés, une tasse de graines de citrouilles se sont fait dorer au four. 3 lavages, pliages et repassages on été faits, la salle de bain est propre, les planchers balayés, la vaisselle faite. Le pneu du vélo a été changé (pas par moi, je me suis plutôt découvert un talent pour entertainer le mécanicien pendant qu’il se graisse les doigts avec ma chaîne. Ce rôle me va à merveille. Enfin je trouve). La table de la cuisine a été réparée, l’épicerie faite, j’ai trouvé mon sujet de travail de fin de session et j’ai commencé les recherches en vue de l’alimenter. Poils indésirables enrayées, cheveux lavés, séance de photos à la lueur du petit matin réalisés dans la joie et l’enthousiasme. La garde-robe du salon, dans laquelle j’avais tout fourré pèle-mêle le jour du déménagement, a été vidée et reremplie, cette fois-ci dans les règles de l’art. Au total plus de 20 boîtes ont été vidées, démolies, empilées.

Ah, pis j’ai arrosé les plantes.

Des fois, je me plains ici au sujet de ma procrastination, de mes talents de virtuose flanche molle… et blablabla et blablabla. Je me demande tout d’un  coup, si ça ne serait pas la lenteur des accomplissements qui m’exaspère plus que le temps que j’y consacre réellement. Parce qu’à la lumière de la fin de semaine que je viens de passer… et des plusieurs précédentes et des multiplies suivantes qui s’annoncent; je crois que malgré l’impression que j’en ai; mes choses avancent à cadence d’un TGV.

Ceci dit, maintenant que ça commence un peu à respirer par ici, j’ai pris la décision de me sauver en montagne à ma prochaine fin de semaine où je n’aurai pas Coquinette. Direction un truc ben haut, que tu ne peux monter sans crampons. Je me souhaite du soleil et des paysages à couper le souffle… quoique plus j’y médite, plus je réalise que la pluie ne m’exaspère vraiment que lorsque je reste en dedans. Quand j’y patauge de tout mon corps, j’en viens à la trouver plutôt sympathique. Comme ce soir. Deuxième ride de vélo depuis mon flat d’il y a 3 semaines. Cibole c’était bon, le mouillé, le froid, l’odeur des feuilles tombées…. et être toute seule, absolument toute seule, sur ma piste cyclable.

Mousses

7 November 2010

Quand on déménage, on se dit en arrivant: “Ouf! C’est fait. Maintenant je prends le temps de défaire mes boîtes; y’a pas de presse, tout est beau, je vais ENFIN pouvoir re-la-xer.” Un peu plus, vous seriez en train de vous imaginer en train de tremper perpétuellement dans un spa nordique, tellement la vie de personne installée vous semble facile et exempte de contrainte. C’est pas si fou quand on y pense, car par comparaison: être installé en quelque part rime pas mal avec vacances à la mer ou balade romantique dans un pré.

Et c’est un peu vrai. Faire les boîtes; c’est tellement stressant. Le pic du stress se manifestant la veille au soir ou au petit matin, cela dépendra de votre personnalité. C’est qu’il y a une échéance à respecter… et on doit courir les boîtes. Va-t-on en avoir assez…iiii…vouiiii, naoooon…ouf, peut-être. Ah pis non. ZUT! À la dernière minute, tu dois courir de nouvelles boîtes. Ou, si tu es chanceux et drôlement bien entouré, comme Bibi disons, tu appelles ta mère le jeudi soir à 21h, elle sait que le vendredi tu as 8 heures de cours, que le samedi tu as 8 heures de cours et que le dimanche à 8h le matin; tu déménages. Tu exposes ta catastrophe du moment et … le vendredi soir en rentrant chez toi: tu découvres que 20 nouvelles boîtes sont venues se déposer dans ton salon comme par magie. À ce moment là, tu te félicites à grands coups de bravo; d’avoir refilé un double de tes clés à tes parents. Et tu te demandes ce que tu as fait de si bien dans ta vie pour être entouré de gens aussi fantastiques.

Mais je m’égare, pour faire changement. Ce n’était pas de cela que je voulais vous jaser. Nah. Je disais: faire les boîtes, c’est stressant à cause de l’échéance. Tu te dis, un peu innocemment, qu’à l’autre bout de la chaîne, quand tu seras arrivé dans ton nouveau chez toi; tu auras le droit de prendre des mois pour tout défaire si ça te chante. Parce que tu n’auras plus que cela à faire de ta vie. Juste ça han; et rien d’autre. Hum, hum. Grave erreur.

En émettant cette hypothèse, tu oublies complètement le concept de l’entretien ménager. Une fois que tu es arrivé dans ton nouveau logis; tu dois commencer… et presque tout de suite; à l’entretenir. Parce qu’il est beau ton chez toi, tu l’as choisi entre autres pour cette raison là d’ailleurs. Dès le premier jour, tu as de la vaisselle à faire, la première semaine tu commences à laver le bain, au bout de 7 jours les planchers se salissent, les miroirs aussi, tu dois passer le balais, la swiffer, récurer la toilette, en-tre-te-nir.

En entretenir, c’est vraiment chiant quand tu es enseveli sous les boîtes. C’est à partir de ce joyeux moment de prise de conscience que tu dois faire des choix. Car dans la vie, il faut choisir ses combats. Vous voilà donc, fraîchement déménagé, vous avez réussi à placer une partie de la cuisine, à trouver votre boîte de bas et de bobettes. La laveuse est branchée, le bureau et l’ordi installé, Internet rentre comme du monde (alléluia). Vous avez des serviettes de bain propres et certains meubles ont trouvé, comme par magie; leur niche des prochaines années. Vous en avez fait énormément, vous avez investi des dizaines d’heures dans le processus depuis le dernier mois et vous réalisez comme ça; un dimanche matin, alors qu’un petit rayon de soleil frappe votre plancher… qu’il est l’heure de passer la vadrouille.

“Passer la vadrouille? Mais comme c’est absurde!” Direz-vous.

-Je ne vais tout de même pas passer la vadrouille en navigant entre mes multiples boîtes? Oh non, mieux vaut canaliser mon énergie dans l’installation.

Vous vous convainquez de votre argument béton. Ouais, vous l’avez l’affaire…. vous avez dont raison. Vous vous levez, vous dirigez vers une boîte afin de la soulever et de lui faire son compte, fantasmant sur le moment où vous lui planterez l’exacto dans les entrailles… et vlan; votre regard se pose une seconde fois sur le tas de poils-poussière souillant votre beau plancher tout neuf.

– Ah sacrament. Direz-vous alors… c’est quand même agaçant toute cette merde volatile.

Heureusement, si vous avez un blogue, vous avez le droit d’investir les minutes nécessaires au lavage du plancher afin d’aller en discuter sur les Internet. Ça ne fait rien avancer, on s’entend. Mais un jour, quand vous serez vieille et ridée que vous aurez une balayeuse intelligente qui fait tout cela sans qu’on le lui demande. Vous vous rappellerez comme c’était dur en 2010: les gens ordinaires lavaient leurs planchers eux-mêmes. Pire; vous ne pouviez pas faire téléporter vos effets personnels.

Grisaille; tu m’énarve

6 November 2010

Je crois que novembre est mon mois d’amour-haine par excellence. Si je me concentre strictement sur la lumière, c’est de loin mon préféré. On a droit à des couchers de soleil grandioses, l’aube est feutrée, lumineuse, féérique. Le matin quand je sors promener Pépette, j’ai droit à la lune et aux étoiles. Il y a du vert, de l’orangé, du rose, du bleu, du rouge, du violet, du jaune, du mauve partout. Et le bleu du ciel; ciel qu’il est clair et resplendissant. Bien entendu, on parle des jours ensoleillés, parce que lorsqu’il y a grisaille, ça dure… et s’éternise comme rarement.

La grisaille, voilà pourquoi je hais novembre. C’est frette, c’est gris, c’est mouillé, mais pas mouillé chaud; mouillé froid. Porter le bonnet n’est plus un choix esthétique mais une obligation. J’ai le toupet écrasé, les cheveux frisés-aplatis-mutants. L’humidité rentre dans les articulations, les dos crient à l’injustice. Les gens sont bougons, nos corps nous crient de faire des réserves pour la saison froide… ça donne des gens complètement dysfonctionnels entre 20h et 9h le matin. Faites le calcul; les retards au bureau deviennent de moins en moins anecdotiques. Seuls ceux qui ont une volonté de fer doublée d’une motivation de jouvencelle parviennent à maintenir une productivité acceptable. Et encore… à quel prix? Ça donne aussi des fringales complètement absurdes; on veut du sucre, du viandu, du gras, pis des patates. Perso ça crée des conflits incroyables entre mon estomac et mes papilles, le premier réclamant du lourd, les secondes préférant, et de loin, la légèreté des salades de couscous, du bbq de shish taouk, du potage de carottes et des vinaigrettes printanières. Les travailleurs doivent désormais s’enfiler les cafés les uns après les autres s’ils veulent arriver à être un tant soit peu productifs. Le petit thé de 11h et celui de 14h ont l’effet d’une limonade; ça prend du corsé, du vrâ si l’on veut arriver à rester éveillés.

Novembre, par chez nous, est désormais célèbre et reconnu comme étant le mois des sautes d’humeur absurdes. Il fait soleil 2 mintues:”Rôôôôô, c’est beau l’automne”; un nuage arrive “Maudit novembre à marde, tu vas-tu finiiiir?”

Je me disais que cette année je serais bien équipée pour lutter contre ce mois de crotte, grâce à la course et au vélo… seulement voilà; le froid doublé d’humidité malsaine me rentrent dans les genoux, le déménagement m’a sucé à peu près tout mon jus de loisirs et j’attends, béate, que mon flat d’il y a 3 semaines se répare tout seul. Bah, je bouge quand même beaucoup, je marche un bon 2h par jours, je soulève tout plein de boîtes… mais rien ne me remonte le moral comme une bonne ride de vélo ou de course à pied.

Novembre nous nargue, maintenant que nous avons obtenu le report d’une semaine du changement d’heure, je crois que nous pourrions nous pencher sur une question primordiale: l’abolition du 11e mois de l’année.