En fait je mets ce titre-là mais c’est juste pour faire contraste avec le précédent. Et puis parce que voilà, je me suis vaincue toute seule, ce qui en soi, est probablement un exploit.
J’ai signé mon bail il y a un peu plus d’une semaine, et puis tout de suite j’ai commencé à faire mes boîtes, parce que le temps presse. En parallèle, je m’inquiétais de mes cours d’université, du bien-être de Coquinette, parce que moi déménager, ça m’angoisse comme à peu près rien. Je deviens simili-folle quand je vis dans les boîtes, je doute, je rage, j’angoisse. Aucun doute possible: je hais déménager! Mon ex halifaxois me disais tantôt que je souffre du syndrome du chien de Pavlov. Je seconde, il a bien raison. J’ai pas eu 1 déménagement joyeux à date, du coup, je suis un brin sur mes gardes. Si au moins ça pouvait ressembler à une annonce de bière ou de pizza, mais je bois peu et d’la pizz’ ben j’aime pas ben ben ça. J’ai aussi beaucoup de misère à concevoir que mes amis puissent être aussi joyeux à l’idée de trimballer mon frigo.
En tout cas… ai signé mon bail, ai fait des boîtes, tout plein. Pendant ce temps-là, j’ai mis un tantinet mes études de côté mais ça va… de ce côté-là ça assure parce j’ai des cours intensifs: une fin de semaine par mois, le vendredi et le samedi. 16 heures de cours en 2 jours et puis ziou; ensuite je repars travailler la tête légère pour un autre mois. Bon, ok, j’ai des grooooos devoirs à remettre mais tsé, quand t’es organisée: tu y arrives. Comme là: je suis full organisée mon plan est de les faire à partir du 25 octobre, dans 9 jours.
Me voilà donc, fin prête pour bouger au plus vite. Parce que puisque j’ai un nouveau chez moi prêt à m’accueillir, je ne vois pas trop l’intérêt de bretter ici. Et puis la dernière fin de semaine du mois d’octobre, c’est la fin de semaine de mes cours. Il faudrait être un peu tarée pour se bouquer un déménagement, l’Halloween et 2 jours de cours dans le même 3 jours… come on.
Cette semaine j’ai donc réservé mon camion, il arrivera vendredi le 22 au matin. Vendredi midi je serai déménagée, vendredi soir j’aurai fini la première couche de peinture de la chambre de Coquinette. Dimanche j’aurai défait tout plein tout plein de boîtes, les lits seront faits et propres et ça sentira bon les épices chez nous et Coquinette aura une belle chambre neuve avec des beaux murs et un beau meuble tout neuf que je viens tout juste de lui rapporter du IKEA. Ça tombait bien aussi parce que ma puce, elle partait vendredi matin pour l’école et je ne la revoyais que le dimanche soir; elle passait la fin de semaine chez son papa.
Tout cela semblait bien. Bon. Calculé à la minute près. Un exemple d’ingéniosité, un défi de logistique, puisque d’ici là j’avais prévu changer un flat impromptu survenu plus tôt cette semaine (et ne me laissant devant autre option qu’une file d’autobus à heure de pointe), commencer mes travaux d’université (lundi), courir 10 km pour me ressourcer (lundi), présenter un truc important (mardi), donner un gros coup sur les boîtes (tous les soirs. C’est qu’il y a fucking beaucoup de boîtes) et finalement: passer mon examen de conduite (jeudi). Le tout, enroulé dans la dentelle des jours de bureau, les aller-retour à l’école, les lunchs et les marches de Pépette.
J’avais aussi prévu, comme c’est quand même un peu important: prendre ma douche et me brosser les dents.
Respecter cet horaire tenait du miracle, mes chances de réussite étaient presque nulles, mais je m’accrochais à mon rêve, telle une maman koala à sa branche d’eucalyptus. Tout cela tenait disais-je, de l’utopie, mais comme il m’arrive de me surprendre agréablement, je me disais que c’était jouable. Genre. Presque. Genre-presque. Genre.
Et puis tantôt… une copine d’école m’appelle. Parle-parle, jase-jase. Et reparle, pis rejase. Ah c’est l’fun parler avec elle… elle angoisse un brin à cause des devoirs à remettre vendredi.
-Ahahah! Que j’m'éclame; “Ben c’est pas ce vendredi-ciiiiii!”
Elle – Ah mais vouiiii…
Moi – Ah mais c’est que naooooooon….
Elle – Ah mais si… ben coudonc’; j’ai peut-être mal noté….
Moi – (Polie mais quand même, voir si j’aurais fait ça; me tromper d’une semaine dans mon agenda) Ben sais-tu, ça pourrait aussi bien être moi qui s’est trompée….
Elle – Effectivement, je regarde sur le site du cours… et c’est toi qui est dans l’erreur…
Je vais vous dire: depuis quelques jours, je voyais mon niveau d’angoisse qui commençait à augmenter dangereusement. En général l’angoisse et moi, on s’entend pas super bien… du coup, quand je la croise; je me fâche et moi, me fâcher… ben ça m’angoisse. Je commençais à avoir des pensées négatives et plein de trucs moches qui m’embêtent et minent ma joie. Mais moi, j’aime pas ça avoir des pensées négatives, alors je me disais que j’étais pas très bonne de penser cela, que c’était pas glorieux du tout… Ce qui avec le recul, n’est probablement pas la technique la plus efficace au monde pour se départir de pensées négatives. Et puis voilà: on m’annonce 16h de cours la fin de semaine où je suis supposée déménager, je suis dans les boîtes jusqu’au cou, c’est sale, on dirait que ma vaisselle sale s’empile plus vite que d’habitude, j’ai hâte de déménager, de bouger, de poser mon stock et de tourner la page.
C’est fou… mais depuis que j’ai appris que je me suis trompée dans mes dates, j’ai l’impression d’être beaucoup plus relax. Je n’ai absolument aucune chance de m’en sortir indemne. C’est absolument impossible que je remette un travail qui me demandera des tonnes d’heures d’investissement dans 6 jours, que je finisse d’empaqueter mon appartement, que je passe avec brio mon examen de conduite, que je fasse bonne figure au bureau, que je donne suffisamment d’attention à ma fille, que je change mon pneu de vélo (la roue arrière; sérieux, je vois ça vraiment pire que la roue avant) et que tout ce temps là, que je porte du linge propre, que ma bouffe goûte bon et que j’arrive à me peigner comme du monde le matin.
Impossible.
Et puisque c’est impossible… en raccrochant le téléphone tantôt, j’ai pris mon porte-monnaie, j’ai traversé la rue, j’ai ouvert le frigo à bière du dépanneur et me suis ramassé une caisse de 6 Hoegaarden. 2 pour ce soir, le reste à savourer après mon rush, ou à offrir à la visite.
Ça goûte bon.
Avant la bière j’avais une folle envie de rire, maintenant je souris: la vie est jolie. Plutôt. Puisque je ne suis même pas capable de visualiser ce qui va se passer d’ici 7 jours, aussi bien rigoler et me permettre 2 heures de lâcher-prise avant le dodo. N’empêche… si je me reprends une autre fois à me dire que ma vie est plate et que ça bouge jamais assez, z’avez ma permission pour me donner ce billet en référence.
J’y repense et je me dis que le conflit d’horaire est probablement tellement énorme que mon cerveau a de la misère à le computer. Ça doit me venir de là; cette envie de blanche frette et cette agréable absence de stress.