des Peccadilles en chroniques

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… et autres histoires palpitantes

La tête dans les nuages

15 August 2010

En juin j’essayais de planifier mon été, je t’ai bouqué ça mon ami, backpacking, arbre en arbre, Katahdin, voyage de pêche… et tout et tout. Évidemment, je n’ai rien fait de tout cela, ou presque. Je le sais, parce que je viens d’aller vérifier, pour le fun, voir si ce que j’ai fait hier s’y trouvais. Ben bonyenne, oui. Je vous avoue, je suis un peu surprise, mais vais raconter l’histoire du pré-vécu-post, parce que j’ai des nuages plein la tête et ça me chante d’en parler avant d’oublier.

Il y a 6 ans, à peu près jour pour jour, j’avais déterminé que mon été aurait deux objectifs: concevoir Coquinette, faire une ride de parapente. J’ai réussi à atteindre mon premier objectif, pas le deuxième; chaque fin de semaine j’appelais l’école de vol pour savoir si la température était bonne, chaque fois j’étais amèrement déçue: le temps ne permettait pas de voler. Une fois que j’ai vu mon test de grossesse positif, j’ai mis une croix sur le parapente, j’avais la chienne de m’envoler. J’ai remis à plus tard, le temps que le courage me reprenne…

Début de l’été, ma cousine de Québec, chez qui je m’organise pour aller faire quelques visites par année et avec qui je m’amuse beaucoup… me demande si je voudrais faire du parapente cet été. “Mais bien sûr que je lui réponds”, reste que moi, je la connais, elle… elle me connait. On est le genre hystériques dans des via ferrata, on a peur de l’avion, la peur du vide… des fronts de boeufs par exemple, et la tête dure…

Ce qui fait que… il y a quelques semaines je regarde la météo à Québec et la relance: “Cousiiine es-tu prise en fin de semaine? Il va faire beau…”

Elle ne pouvait pas. La semaine suivant, coup de chance, on annonce ENCORE beau, je lui réécris:”Cousiiiine, on annonce encore beau par chez vous samedi! Parapente ça te dit?” Elle avait de la visite et ne pouvait pas. Cette semaine je regardais la météo et on n’annonçait pas super beau pour Québec, mais je me gardais un petit espoir. Dans ma tête si ça ne se faisait pas là, ça ne se ferait pas avant longtemps. Coquinette revient de la suisse le 16 aout. Moi je recommence bientôt l’université, j’ai de moins en moins de temps à moi, la maternelle arrive à grands pas. Jouer les ‘tits oiseaux en septembre… disons que ça m’aurait surprise. Puis, contre toute attente, jeudi les prévisions ont changé… pas de pluie samedi en fin de compte. J’ai pris une chance et réécris:”Cousiiiine, parapente samedi?”

Ben saperlipopette. Elle a répondu oui.

Ce qui fait que vendredi, je me suis levée à 6h, suis partie prendre mon cours de conduite, ensuite j’ai fait ma journée de boulot, suis revenue chez nous, j’ai pris mon chien, que j’ai amené à la pension pour chiens du quartier, sac de voyage accroché au dos, sa mini-niche sous le bras. Me suis rendue au terminal d’autobus et j’ai pris un aller-retour Montréal-Québec.

Samedi matin, on était tellement nerveuses, on est parties 3 heures d’avance pour un trajet qui prend une quarantaine de minutes à faire. On s’est payé un gros déjeuner graisseux d’omelette au fromage single avec des saucisses full grasses. Un ami de ma cousine est venu nous rejoindre, catastrophé et s’est amusé à mettre notre détermination de collégiennes à rude épreuve, à grand coups de:

- Ben voyons les filles! Vous avez peur de prendre l’avion!

- Oui, c’tait pas ben bon comme déjeuner, vous auriez mérité mieux comme dernier repas…

- Appelez-moi quand vous aurez terminé, en tout cas… si vous appelez pas; j’vas comprendre…

On a payé, on est reparties. À un moment donné on a vu le Mont-Sainte-Anne apparaitre à l’horizon… “Mouain, c’est haut han” qu’on s’est dit…

Après tout est allé vite. On a signé nos papiers, on a mis nos choses dans le coffre d’auto, partant seulement avec l’essentiel. On est embarquées dans notre télécabine… puis on est arrivées en haut. Une petite marche et voilà, nous y étions; le site de d’envol. Une genre de falaise de 600 mètres de dénivelé. On a formé les duos pilote-piloté, moi je suis tombée sur le fondateur de l’école. J’étais bien contente. Puis une dame s’est envolée en tandem. Une retraitée je crois, ou pas loin. L’âge de ma mère, trépidant de bonheur à l’idée de s’envoler pour la première fois de sa vie. Ensuite ça a été au tour de ma cousine, qui a eu un étrange de premier envol, qui nous a fait un peur peur à tous mais finalement c’était ça; plus de peur que de mal. Ensuite ça a été mon tour…. et puis ziou… En le temps de le dire, je me trouvais à plusieurs pieds dans les airs. Une minute plus tard, j’étais tellement haut perchée, que les sapins sous mes pieds n’avaient plus l’air de mesurer que 2-3 cm.

La vue était époustouflante, les Basses Laurentides d’un bord, l’Île d’Orléans et le fleuve de l’autre. Au nord: Charlevoix… les sommets des montagnes étaient dans un genre de flou bleuâtre… le vent me sifflait dans les oreilles. Les cumulus se promenaient au dessus de nos têtes… moi, j’étais dans mon monde. Silencieuse une partie du vol, j’ai quand même jasé un peu avec mon pilote. Ah oui, je ne vous ai pas expliqué comment ça fonctionne un vol en tandem. Vous êtes clipé, attaché avec des mousquetons après une chaise pliante en tissus (solide). La chaise est attachée avec des harnais, vous êtes attaché à votre chaise. À l’envol on est debout, dès qu’on décolle on s’assoit. Le pilote est collé derrière nous et il dirige. Mon vol a duré 20 minutes. 20 minutes qui m’ont fait passer à travers une foule d’émotions; angoisse, émerveillement, l’impression d’être une poussière dans l’univers, la joie d’être là, puis l’angoisse à nouveau, et re-émerveillement… j’ai pris plusieurs photos, j’ai essayé de m’imprégner du moment présent, de cette d’immensité, de la beauté du paysage. Maudit que c’est beau. Maudit que c’est beau.

Après quelques minutes de vol, j’ai commencé à ressentir le vide, la peur du vide. C’est que, comme je l’écrivais un peu plus haut; j’ai le vertige! La peur des hauteurs! Oui-oui… Oh, j’essaie de combattre, de me challenger un brin, de repousser mes limites, mais des fois je me fais jouer des tours. Comme hier. Après quelques minutes à tanguer et à surfer dans les vents… j’ai eu un petit mal de coeur… puis; un plus gros. Mon pilote, s’en est rendu compte, le vol tirait de toute façon à sa fin, on est redescendus. Tout doucement. Il a essayé de faire ça le plus doucement possible, si bien que je ne me suis rendue compte de rien. L’atterrissage s’est si bien passé que j’ai eu l’impression d’atterrir sur de la ouate. Par contre il ne faudrait pas aller vous imaginer que l’atterrissage est aussi doux pour tous, il y en a pour qui ça a eu l’air de brasser un peu plus.

Arrivée les deux pieds sur terre, le mal de coeur était si présent que je me suis déclippée en vitesse, j’ai marché en ligne droite, verte comme un cèdre. Pâle comme jamais. J’ai attrapé au vol la bouteille d’eau que ma cousine, trop géniale et attentionnée me tendait et suis allée m’asseoir. Je suis restée là, assise, sans bouger, pendant plusieurs dizaines de minutes. J’ai calé ma bouteille d’eau en un temps record, tout a tangué dans mon corps, ma tête, mon coeur, pendant une bonne partie de la journée.

On a finalement trouvé le moyen de repartir chez ma cousine, où je me suis assise et où j’ai pu savourer le post-vol. Nous avons passé une soirée au ralenti, parlant beaucoup moins que d’habitude, savourant beaucoup plus cette sérénité ambiante. On dirait, comme dirait ma cousine, qu’il n’y a plus rien pour nous énerver. C’est la sérénité totale et absolue. Le moment présent comme je ne l’ai jamais vécu. Une impression de bien-être jusqu’au bout des doigts, des étoiles dans les yeux et la joie qui te tapisse le coeur. Sincèrement, rien dans ma vie, rien, sauf disons, la naissance de ma fille. Rien disais-je, n’a réussi à me rendre sereine et accomplie de même. Aucune substance illicite, aucun alcool, aucun garçon, aucune course, aucune montagne. Ça, et voir la binette de ma fille pour la première fois, rien d’autre. Du coup… je me dis que ce n’était finalement peut-être pas… une simple expérience à cocher sur une to do list…

Je vous laisse avec mes gribouillis d’autobus. Et sur mon compte Flickr il y a quelques photos de mon vol.

Ah oui, et devinez qui s’est couchée à 21h pile hier soir?

168, j’y reviens et j’y songe

11 August 2010

Je vous ai parlé dernièrement de ma récente acquisition, un livre censé me permettre de mieux organiser mon temps. Moi, je veux bien qu’on m’aide à mieux organiser mon temps, mais justement il est là le bobo je crois; je n’ai pas le temps de lire le fichu livre. Reste que bon, j’ai lu le titre, ça, j’ai trouvé ça facile et plutôt rapide comme entreprise… et mine de rien, depuis un mois, ça travaille là-dedans… 168 han? Hum… 168.

Après près d’un mois à me répéter ceci: 168, je me suis prise en main tantôt, alors que je constatais, ressentant toute l’horreur de ma situation de fille-qui-court-après-sa-montre, que je constatais disais-je… que je n’étais fichetrement pas productive au bureau. Je vous avouerai que ça me fait suer, moi, de ne pas être productive. Me sens coupable. J’aime pas ça. Et en plus, non seulement je me sens coupable de ne pas être productive mais j’ai l’audace de me sentir coupable de me sentir de même. Ça ne mène à rien, je sais bien, mais c’est là pis ça m’embête. Aussi bien essayer de me donner des moyens de patauger, me suis donc dit.

Ouste culpabilité aies-je alors déclaré à mon salaud d’inconscient; j’vas faire un schéma (j’aime bien faire des schémas, ça me calme). Vouaip. Pis des calculs, ‘pass j’aime ça les chiffres. Des fois. Surtout quand ils ne sont pas inscrits en bas d’un compte de Master Card en fait.

Me voilà donc, que je disais, en train d’inscrire sur mon papier ce que je fais de mes semaines, d’y associer un nombre d’heures (plus ou moins bien estimé mais bon, c’est que ça varie la vie. Du moins c’est ce que je souhaite à la vôtre). Bref, des activités, des chiffres, afin de mettre le doigt sur le bobo; le pourquoi ostie: je suis claquée de même aujourd’hui. Du haut de ma grande générosité, j’ai pensé partager cette tranche de vie avec vous.

Travail: 35 (ce qui est inscrit sur mon contrat d’embauche) + 5 (temps alloué aux dîners) + 8 à 10, mais disons 8 pour faire plus simple (transports)

Commissions: 2

Ménage: 3 (vaisselle et entretien de base. Vraiment de base) + 1 (repassage, le dimanche soir de 8 à 9)

Amis: 5 (en semaine, pour courir, prendre un verre, jaser sur le balcon ou souper) 8 à 10 la fin de semaine (souvent le samedi je me pousse avec une amie et on monte des montagnes ou on roule à vélo)

Dodo: 42 mais c’est ridicule, ça devrait être 56

Bouffe: 3.5 (préparation, 30 minutes par jour, je suis très peu généreuse, c’est probablement plus)

Chien: 7 (20 minutes le matin, 20 au retour du boulot, 20 avant d’aller me coucher)

35+5+8+2+3+1+5+8+56+3.5+7= 133.5

Si je dispose de 168 heures par semaine… il me reste… 34,5 heures. Que je devrais utiliser pour, lire, écouter des films, décompresser, courir.

Maintenant, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais Coquinette ne se trouve pas dans ces calculs. C’est que d’habitude, elle fait partie de mon quotidien, elle prend donc part aux transports, bouffe, ménage, etc. Il reste que sur 34.5, elle a droit à des moments de présence privilégiée, durant lesquels je m’occupe d’elle entièrement et sûrement. Je me réserve aussi quelques moments pour glander sur Internet (comme genre là), écrire (comme genre, euh, là), écouter des films (vraiment pas souvent, ça fait presque peur considérant qu’avant je faisais à peu près juste ça de ma vie), jouer du violon (disons hum, 2 heures par semaine?), courir (2-3 heures par semaine).

Si on calcule cela pour le fun:

Temps de qualité avec Coquinette: 12h (32h une semaine sur 2, mettons que pour faire ça simple on va mettre une moyenne: 22)

Violon: 2

Internet: 21

Écrire: 2

Études (je viens de switcher à la maitrise): 6

Courir: 3

22+2+21+2+6= 53

Mais… oh-oooh! On vient de constater ensemble qu’il ne me reste que 34.5 heures… je suis donc en déficit de… 18.5 heures. Rendue là, je n’ai pas pris de temps pour me laver, me brosser les dents, parler à ma mère au téléphone ou me faire reniper en partie du moins, une fois de temps en temps… par mon esthéticienne.

Que faire?

La solution est criante de simplicité, mais demande néanmoins un tantinet de réflexion… si je veux y arriver… va falloir que je coupe aux bonnes places. Que j’use de critical path… que je m’arme de moyens efficaces afin de mener la vie dont j’ai envie. J’ai pensé à ça et j’ai fait quelques regroupements, parce que non, il n’est pas question que je coupe dans le dodo, ni dans le temps que je passe avec ma fille. Couper d’la job tout en restant criante de subtilité; ça serait dur beaucoup… me reste quoi?

Ce que je fais déjà en partie: conjuguer les amis avec soit, le sport, soit la bouffe. Avec le ménage j’ai essayé aussi, la semaine dernière, j’ai une pauvre cobaye qui est venue jaser une heures avec moi… pendant que je m’affairais avec ardeur… à repasser mes kits de bureau.

Conjuguer la culture, la lecture et les films avec Coquinette. C’est ce qu’il y a de plus simple pour le moment. Par contre faut pas trop m’en vouloir si je ne peux qu’argumenter au sujet de La princesse et la grenouille. C’est pas que je veux pas le voir Inception, c’est juste que j’arrive pas à le faire rentrer dans mon planning.

J’ai pensé conjuguer dodo et travail, mais bon ça paraît mal. Surtout en environnement à aires ouvertes. Les commissions et la job, ça par exemple ça pourrait avoir un certain potentiel. Habituellement, Coquinette m’y accompagne aux commissions… elle déteste ça mais j’ai comme pas le choix.

Évidemment, de toute évidence, je vais devoir couper environ de moitié mes heures passées en ligne… pis ça me brise le coeur. Me trouver une femme de ménage serait un fichu de bon move… euh, quoi d’autre? Continuer à courir, parce que ça me tient droite et forte. Ne PAS m’inscrire à un 2e cours universitaire cet automne…’pass de toute évidence; ça ne rentrera juste pas dans mon plan de vie…. et couper mes pauses diner de moitié au bureau, ça me permet de récupérer un bon 2h30 par semaine, ce qui n’est pas rien.

Voilà. Ça déborde, ça déborde! Étrangement, je me dis que je coupe probablement les coins ronds à 2-3 places, parce que j’ai quand même, pour le moment du moins… quelques minutes pour bretter à chaque jour…

Les îles

10 August 2010

Ce samedi, on s’est dit que ça serait une bonne idée de se faire un biathlon maison. Le plan initial était de partir à vélo des chez mon amie, pédaler vers le sud, passer par la rive-sud, jusqu’aux Îles de Boucherville, traverser, stationner nos vélos, partir courir quelques kilomètres, reprendre nos vélos et revenir à Montréal.

C’est qu’on était motivées et ça nous tentait beaucoup.

Alors on a pris nos vélos, mais tard. Vers 13h. Et moi je devais aller acheter du gel d’énergie comme on en vend dans les magasins de course, pour qu’on se fasse une dégustation et qu’on voit quel buzz ça fait. C’est que toutes les deux on veut courir au marathon de Montréal (mais pas la course au complet là, juste un 10 kilomètres pour ma part). En tout cas, voilà, j’arrive chez elle, j’avais pas eu le temps de magasiner mes gels, le temps qu’on décolle, vu qu’il est déjà tard on décide d’aller les acheter pareil nos gels. On fait un graaand détour, pour acheter les mixtures. Moi je rentre et j’en prends quatre: orange, mûres, framboises et café. Ensuite on fait pipi, parce que là, tsé, magasiner; ça donne envie. On remonte sur nos bicyclettes, on pédale un brin, un tout petit brin et on s’arrête à l’entrée du Canal de Lachine pour faire une dégustation de gel de course. Constat? C’est dégeu. Ben trop sucré, j’avais l’impression de me torturer. Mauvais, mais mauvais. Autant mûres que framboises. J’ose même pas imaginer ce que le truc au café qu’il me reste goûtera. En tout cas bref; très mauvais mais ça nous a tout de même donné une belle énergie. Ou peut-être que j’avais juste mangé un bon repas, je ne saurai jamais… Ensuite: pont de la Concorde, circuit Gilles-Villeneuve, pont Victoria, piste de la rive-sud, on a longé ça comme des pros, puis on a fait un graaand détour parce que la piste qui longe le fleuve est fermée.

Sommes arrivée à 17h au bateau pour passer aux îles. Le dernier bateau pour nous ramener à Montréal passait à 17h30 (parce que là on était tannées un peu et on n’avait pas super envie de repasser par la rive-sud pour le retour). Comme deux nous, full positives et pas pantoute dans un beat de négation, du tout, du tout, on a décidé que c’était possible de traverser les îles en bicycle à toute allure et d’attraper le bateau passeur de l’autre bord.

Vouaip, on s’est dit ça. Alors dans le chemin de garnotte pis toute… hihaaaan! On a spinné comme des mongoles. Comme c’était la première fois qu’on y allait, on s’est perdues… On a trouvé le moyen de faire tout le tour du terrain de golf à vitesse grand V dans les flaques de bouette, devant les regards médusés des joueurs du samedi. À ce moment-ci de l’histoire, j’hésite entre vous avouer ou pas, qu’il y avait 2 pancartes immences à l’entrée du terrain de golf… avec écrit gros de même: “Interdit aux vélos”. Ce qui est bien dans l’histoire, c’est que le sentier qu’on cherchait et qu’on ne trouvait pas quand on a décidé que le terrain de golf était invitant… le sentier n’existait juste pas. Fallait prendre un bateau pour traverser de l’autre bord… oups. Ce qui est encore mieux c’est que cette épopée au pays des pousseux de balles ne nous aura pas fait rater le fameux de bateau parce que je vous le dit; elle et moi on pédalait en titi.

Z’avons pris le bateau, z’avons spinné encore et encore. Z’avons trouvé le quai du traversier pour Montréal… un tout petit 10 minutes trop tard…. Z’avons été déçues, genre. Et rendues là, n’avions plus du tout le goût de retourner au premier bateau, qui lui faisait sa dernière traversée dans 20 minutes… On a trouvé un hôtel, ça a fait notre bonheur. On y a trouvé un poteau de taxi, qu’on a appelé dans la joie et l’enthousiasme telles de jeunes nymphettes découvrant une bouteille de crème de menthe dans le bar de papa-maman. Pendant que je surveillais les vélos elle est allée faire pipi. À son retour j’ai vu le taxi arriver au bout du stationnement alors j’ai couru, couru jusqu’à la toilette parce que je voulais y aller moi aussi. Et là, j’ai ri, quand j’ai réalisé qu’en cette course, entre mon vélo et la salle de toilette, résidait tout ce que je ferais de course aux îles pour ce jour là. N’empêche que bon, mon but a été atteint: samedi, j’ai pédalé et couru aux Îles de Boucherville.

Le taxi nous a déposées de l’autre bord du tunnel, sur Sherbrooke, on s’est tapé une jolie promenade dans l’est de la ville, puis une autre sur Rachel vers le plateau. On a soupé, bu un p’tit verre de blanc, jasé de sport, de mecs, de travail et de nos enfants. Après j’ai repris ma monture et je suis retournée chez moi. Pépette m’attendait du haut de tout l’enthousiasme qu’un chiot de 5 mois peut vous servir après une absence de 9h. Je suis allée la promener 30 minutes, pour me faire pardonner mon escapade de la journée. À 11h je dormais à points fermés, des bouchons dans les oreilles pour être bien sûre de ne pas me faire réveiller par la fête des voisins. Me suis réveillée à 11h le lendemain. Avec intermède à 8h, le temps de répondre à un ami avec qui j’avais prévu déjeuner, que je n’étais pas encore toute là et que vraiment, il me serait impossible de me désouder de mon matelas.

Dormir 12h ne m’était pas arrivé depuis quelque chose comme 1 an. Du coup, moi je bénis mon petit 55 km de bicycle-spinning-à-épater-des-hordes-de-golfeurs-en-délire.

Genre.

Prochaine fois, je me promets bien de passer par Montréal à l’aller et au retour, de partir drôlement plus tôt, de courir dans la joie sur le îles et de prendre des tonnes de photos. Parce que de ce que j’ai pu voir… c’est joli en titi, les Îles de Boucherville. Vraiment.

Prochaine sortie de la ville prévue pour en fin de semaine. J’hésite entre une montagne ou le néant. En fait je ne souhaite qu’une chose: me retrouver allongée dans l’herbe la nuit tombée, pour pouvoir observer les cohortes de perséides retardataires qui auront oublié de passer la veille. Le jour même ou la veille, j’espère trouver le moyen de me promener dans le bois, pédaler un brin ou taquiner le poisson. Après, Coquinette reviendra de son voyage sur le vieux continent et je redeviendrai une maman calme et dispose, et je ne ferai plus de spinning dans les terrains de golf dans mes temps libres. Nah. Euh, ou presque.

On déménaaaaaage!

1 August 2010

Depuis quelques temps je me questionne et ça donne des résultats. Genre. Attendez, je recommence ma phrase: depuis quelques temps, je réflexionne et ça me donne des réponses. Du coup, je me satisfais de mes réponses et je pose des gestes… qui éventuellement me poussent à me poser de nouvelles questions et à reposer des gestes. Ah non, c’est pas encore ça… je reformule; depuis quelques temps, je fais ce que je fais depuis ma naissance à la différence près que là, j’ai conscience du processus; je fais des trucs, j’évalue ce que j’ai fait, je me pose des questions, émets des hypothèses, essaie à tatillon de trouver ce qui pourrait être optimisé, ce qui me pousse à essayer de nouvelles choses et ainsi de suite jusqu’à ce que … il y a quelques temps… j’arrive à un stade où la roue, action-évaluation-analyse des résultats-hypothèses-nouvel essai atteigne son (enfin je crois) paroxysme. Genre. Ouais, je dirais que ça ressemble à ça.

Je constate que j’ai des cycles de vie, durant lesquels je réalise des choses qui me tiennent à coeur. Quand un cycle de vie se termine, je laisse tomber plusieurs sphères de ma vie, que j’ai bien appréciées, voir aimées, mais bon, la vie c’est court, surtout pour ceux qui n’ont pas le loisir d’en avoir des longues … et comme on ne sait jamais quand ça s’arrête… ben moi j’ai décidé de butiner mes loisirs et mes vocations, afin d’en arriver éventuellement, un jour, à un chemin plutôt distrayant pour mon petit moi.

Tout ceci pour ne dire que cela en fait; je vais déménager pas mal bientôt je pense.

Je savais depuis l’admission de Coquinette à l’école primaire… que ça n’avait aucun bon sens de rester habiter où je suis. C’est trop loin de l’école. Je restais parce que je tenais beaucoup à mes voisins mais je le savais bien… que ça allait me rendre la vie beaucoup plus dure si je restais ici, à un peu moins de 2 km de l’école. Oh, l’été ça va, ça nous fait 20 minutes à pied à Coquinette et moi. reste que 20 minutes c’est long… et qu’à l’automne ça se réalise plus souvent qu’autrement dans la pluie… puis l’hiver… le 20 minutes se transforme en 45 minutes… et là, c’est la cata. il y a quelques semaines mon voisin nous a annoncé son déménagement éventuel, depuis, je médite. Et là ça y est j’ai décidé de bouger moi aussi. Me voilà donc repartie dans les recherches de logement, cette fois-ci j’hésite entre un 4 1/2 et un 5 1/2, un rez-de-chaussée et un 2e. Si je suis consciente de déménager loin à l’est, je me réjouis tout de même de m’en aller plus près du Parc Molson, du cinéma Beaubien et de chez Roger.

Je bouge donc à l’est. Dire qu’il y a quelques années j’étais persuadée que passé Christophe-Colomb tu habitais dans un trou… là je cherche autour de Des Érables… je serais peut-être même disposée à considérer Iberville…

Et puis voilà, changement de vie: de job, de logement, de décoration… je me dis que même si ça m’épuise à chaque fois, déménager, ça aura au moins ça de bon, qu’enfin, le grand ménage de l’appartement sera fait. Changement de plein d’autres choses aussi dirais-je mais ça me tente moins de vous en parler là, ici, tout de suite.

Flume et Liberty

1 August 2010

D’habitude, quand j’ai envie de me sauver dans le bois, je trouve des gens qui veulent y venir avec moi. Il m’arrive parfois, pour différentes raisons que je ne trouve pas de compagnon ou de compagne. C’est ce qui est arrivé en fin de semaine. J’avais des fourmis dans les jambes, je sautais sur place, j’avais be-soin de monter une montagne… et j’étais un peu toute seule sur mon île. Qu’à cela ne tienne comme on dit, dans ce temps là, j’ai des plans B. Il existe des goupes organisés qui font des voyages d’un jour, juste ce qui me convient. Départ tôt le matin, arrivée tard le soir, aller-retour dans la même journée, avec du monde en général plutôt agréable. La formule permet en outre, de se sauver loin beaucoup sans avoir à passer la nuit en dehors de la ville, ce qui me compliquerait un peu la vie et me reviendrait plus cher. En tout cas bref, hier, je suis allée au New Hampshire, faire une randonnée en boucle, qui m’a permis de gravir (hihi, je trouve que le verbe porte à croire que c’était quand même un peu plus dur que ce que ce fut en réalité) deux sommets d’un peu plus de 1300 mètres chacun (mais bon, je ne suis pas redescendu jusqu’en bas entre les deux han, vous vous en doutiez sûrement d’ailleurs). Dénivelé de 900 mètres… je ne sais pas trop ce qui m’a pris, j’ai décidé de faire la piste “difficile”, un truc au cours duquel tu croises un dénivellé de 300 mètres sur une distance à parcourir de 0,7 km. Je suis pas bonne en maths trop trop, mais à l’oeil, ça fait un pente plutôt abrupte… comme dans… tu commences en la montant debout, puis accroupie, éventuellement à 4 pattes et occasionnellement en poussant des petits “aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah” mais pas trop fort pour pas faire croire à tes nouvelles connaissances de trail… que tu ne serais pas tout à fait en pleine de maîtrise de ta personne. Comme j’ai fait la piste qui fait une boucle entre Flume et Liberty, le dénivelé n’étais pas de 900 mètres, mais de 1079. La madame était contente.

Ça donne quoi en bout de ligne?

Je crois que je viens de rencontrer ma montagne préférée à vie. Je suis sortie de là avec une face de gros bonheur sale. Sur le parcours, j’avais envie d’embrasser le roc, tellement j’étais contente de l’avoir dans ma vie. Suis contente aussi… d’avoir choisi la randonnée d’un niveau de difficulté supérieur à ce que je fais d’habitude et de l’avoir complétée sans trop de peine. J’ai traîné de la patte un peu vers la fin (j’aime trop descendre les montagnes, mes genoux non plus n’apprécient pas toujours l’expérience) mais j’ai tenu un bon rythme pendant plus du 3/4 de la marche. Si l’on considère que j’étais avec des gens drôlement plus expérimentés que moi, je me trouve pas pire pantoute.

Est-ce que je la referais? TELLEMENT! Demain ou dès que mes muscles ne seront plus douloureux! Et aussi dès que je serai enfin allée m’acheter une nouvelle paire de bottes de marche. Les miennes me font environ 4 ampoules par talon par randonnée. La dernière fois ça a pris un mois à guérir… Heureusement que mes souliers de course ne frottent pas tout à fait à la même place sur mes talons.

Ah ouaip… pis j’ai essayé le truc du duct tape là, le truc qui est sensé être fabuleux et vous enlève toute chance de vous faire des ampoules… ça marche pas.

Et aussi… avant, quand je montais un montagne, je m’essoufflais horriblement dans les 15 premières minutes, je souffrais, je me demandais ce que je faisais là, jusqu’à ce que mon second souffle embarque et me porte jusqu’au sommet sans que j’aie besoin de m’arrêter. Je constate que depuis que je cours, la donne change drastiquement. Il n’y a plus de second souffle… il n’y en a qu’un, qui me pousse du stationnement jusqu’au sommet…. oh, j’ai besoin de m’arrêter pour grignoter à mi-parcours, mais 2-3 poignées de fèves de soya séchées et ziou, c’est reparti. De loin, on m’entends souffler un peu fort, mais c’est parce que je fredonne à voix basse… j’ose pas le faire plus fort, pour ne pas déranger les gens autour…. Sinon mon cardio est rendu trop chouette, je ne me lasse pas de me féliciter de m’être mis à la course. Ça change mon souffle, mes poumons, ma propulsion, mon endurance, mon humeur, ma force, mon regard, ma posture, mon tout. Là par contre la course, j’ai pas le droit d’en faire avant 2 jours minimum, le temps que mes muscles et me genoux se replacent. Me suis blessée à cause de ça au printemps, j’ai retenu ma leçon…

Mes photos d’hier se trouvent sur mon compte Flickr, mais toute la belle montée à 4 pattes ne s’y trouve pas, disons que je n’ai pas trop eu le temps de sortir mon kodak…