des Peccadilles en chroniques

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… et autres histoires palpitantes

Jaune

20 May 2010

Comme la plupart (enfin je suppose) des petites filles de son âge, Coquinette aime particulièrement jouer  la maman avec moi. En gros, je suis la petite fille, elle est la maman. Ça pourrait m’emmerder légèrement mais moi, je joue à poser des questions à ma maman, ce qui me permet d’observer le cerveau de ma fille. Toutes ces petites synapses qui se connectent me fascinent au plus haut point. Des fois je lui parle d’untel fictif qui m’a tapée à la garderie, ou d’unetelle qui ma chicanée… de mon ballon préféré ou d’un nouveau règlement que j’ai appris. Ça me fait toujours rigoler d’entendre ses conseils de gestion de crises et d’avoir accès à une petite fenêtre sur sa pensée d’enfant… Hier donc on jouait à la maman, pour faire changement:

Moi – Mamaaaaaan?
Coquinette – Quoiiiiii?
Moi – Ils sont beaux tes cheveux.
Coquinette – Merciiiii!
Moi – Mamaaaaaaan?
Coquinette – Quoiiiiiii?
Moi – Est-ce que t’as toujours eu les cheveux comme ça?
Coquinette – Ah mais non: avant, ils étaient jaunes mais maintenant, avec la vieillesse, ils sont devenus bruns.

À go on observe son chien

19 May 2010

- Mamaaaaan?
- Quoiiiiii?
- Y’a du caca
- Quoi? Ah! Mais non! Tu fais quoi là? Aaaaah! Enlève tes mains de d’là!
- C’est pas du caca?
- Mais non, c’est des couilles!
- Aaaaaah… mais… mais… pourquoi ça ressemble à du cacaaaaa? Ça sert à quoi, des couilles?
- Ben euh. Les garçons ils en ont.
- Ah oui? Ça prend des couilles pour être un vrai garçon?

Moi, j’avoue que je me dis que pour être une fille bien, ça en prend aussi, mais je lui ai pas dit tout de suite, me semble que c’est un peu jeune pour l’introduction des figures de style à base de couilles.

Et puis voilà, avoir des animaux, ça incite les petits à se poser des questions. Semble-t-il… Ne pas les faire opérer rapidement… aussi.

Quiproquo

19 May 2010

Dimanche, après une petite expédition au fin fond de Lachine sur la 54e avenue, je suis allée souper chez mon papa et ma maman pour souligner mon anniversaire. En arrivant dans la cour, tenant Coquinette par la main et deux sacoches en bandoulières, je vois mes parents en train de jaser avec la voisine.

- Oh! Evelyne; Salut! Ça va?
- Ouf, oh vouiiiii!
- Et la petite, elle va bien?
- Ah oui, mais l’autre petite là, elle vient de nous en faire vivre une pas pire.
- Ah? Comment ça?
- Ben elle est tombée hier soir…
- Oh!
- Et elle est mal tombée, sur le côté, du coup, pendant 5 minutes elle était incapable de bouger. Moi quand je l’aie vue paralysée de la sorte, je me suis dit: Oulala… elle est morte
- MORTE?!?
- Héhé, mais voui, mais là ça va
- T’es sûûûûûûre?
- Ben euh, ça a l’air de bien aller…
(pendant ce temps là, Coquinette elle riait et gambadait dans l’herbe)
- Mais, mais, t’étais pas plus inquiète que ça?
- Ah mais voui, c’est pour ça que mon chum est allé à l’hôpital avec elle. De nuit tu sais, c’est tout fermé les hôpitaux alors il a fallu qu’il prenne le taxi et l’emmène à l’urgence qui se trouve à Lachine; à l’autre bout du monde. Ils l’ont gardée pour la nuit et elle a très bien fait ça, super sage et tout et elle ne semble pas affectée par sa chute en fin de compte.
- Mais… mais… ça va? T’es sûre?
- Mais vouiiii, je suis sûre, regarde (que moi je dis en plongeant ma main dans une des deux sacoches et en ressortant un minuscule bébé chiot), tu vois, elle va tout bien!
- AAAAAAAAAh! Tout ce temps là! Tu me parlais d’un… d’un CHIEN?!?
- Meuh… euh… voui? Oh-mon-dieu… tu…tu pensais que je te parlais de Coquinette?
- Mais voui! Je te trouvais tellement relaxe… Coquinette est tombée, a paralysé quelques minutes, s’est fait hospitaliser…
- Mouarfarfarf, mais non, je te parlais de mon chiot… tu savais pas que j’avais un chiot?

Moi, évidemment, vu la vive réaction de mes parents quand ils ont appris qu’un 2e chiot emménageait chez nous, je n’ai pas pensé une seconde qu’ils n’en parlent pas à leurs voisins (avec qui ils sont très amis).

2 chiots direz-vous? Mais c’est pas un peu trop intense?

En fait voui. Mais, il y a un mais; mon amoureux, il vient de décrocher un poste prestigieux pour plusieurs années… dans une province de l’Est. Il y déménage dans 1 mois… et bon, comme il vient de faire un voyage de 4 mois avec Balthazar, il se sont attachés. Coquinette et moi, comme on reste à Montréal et qu’on aime beaucoup la vie avec un chien, on a voulu en adopter un autre, pendant que c’est l’été (et que c’est presque cool de lui apprendre la propreté, parce que sortir dehors à -30° pour motiver un chien à pisser… c’est pas l’idéal).

En tout cas… elle est adorable. Je n’ai jamais eu de chien aussi calme et gentil. Je la traine partout et elle, elle se contente d’être belle, de se coucher dans l’herbe et de faire des câlins à tout le monde. En plus elle est propre de nuit depuis son arrivée. Hier j’ai essayé de la laisser seule une heure toute seule pendant que j’allais chercher Coquinette, elle a eu bien de la peine de se faire abandonner de même mais ça va, ça se travaille. Pas jappeuse non plus mais je parle peut-être un peu vite, elle est toute jeune encore.

Pis moi, comme je cours aux 2-3 jours avec son Balthazar, je me réjouis de savoir que dans quelques mois, c’est avec elle que je courrai. D’ici là on marche 3-4 coins de rues à la fois et à peu près chaque personne qu’on croise s’arrête pour nous exprimer haut et fort un beau gros: “Aaaaaaaaaw

Ah, j’oubliais, je constate que je suis une grande amoureuse de teckels… alors la petite Stellie (mais moi je la surnomme Pépette) est une teckel à poils longs. Elle a 10 semaines et est deux fois grande comme ma main. Balthazar l’adore; ils passent leurs journées à jouer ensemble.

Bonne fête les mamans

9 May 2010

Bonne fête des Mères à vous, jeunes mamans, vieilles mamans, mamans enceintes, adoptives, belles-mamans, grand-mamans, mamans dans votre coeur mais pas encore mamans dans la vie.

Et une petite pensée pour vous, mamans séparées, pour qui un des jours de garde du papa tombe aujourd’hui. J’espère que vous n’avez pas le coeur trop gros et que vous saurez dire au revoir définitivement à la coquine de neige, qui a décidé de venir nous narguer en ce premier tiers du mois de mai.

L’art de faire des liens

5 May 2010

Dans la catégorie tranche de vie familiale, Coquinette et moi lisions le dernier Pomme d’Api hier soir et on y retrouve une petite BD sur la mort. S’en suit une question: “Pour toi, c’est quoi la mort?” Soupir me suis-je dit, me semble c’était pas nécessaire de jaser de t’ça avant de se coucher… mais bon, tant qu’à s’être commis à lire un truc, mieux vaut faire le suivi.

- Alors, Coquinette, pour toi, c’est quoi la mort?
- Ben  c’est quand tu respires plus et tu bouges plus et là on t’enterre ou on te met dans un truc là, un cadre avec une vitre et là tout le monde vient te voir comme au musée.
- Euh, tu veux dire, dans un cercueil?
- Mais nooon, dans un caaaaadre. Et on peut venir te voir tout le temps.
- Mmmm, mais tu sais ma belle, quand on est mort, on passe tranquillement de “on ressemble un peu à ce à quoi on ressemblait quand on était vivant à… huuum… un tas de poussières”
- …
- Et puis dans le milieu de la transition, on est comme un squelette, tu comprends?
- Ah! Oh, mais voui.
- Et tu sais, entre le moment où tu ressembles à une personne et le moment où tu ressembles à un tas de poussières… il y a beaucoup de moments où c’est pas joli joli à voir… alors huuum, euh; non, on ne met pas les gens dans des cadres. On les enterre (j’ai omis volontairement le bout du four, je l’avoue) et on les laisse devenir de la poussière, hum, en paix?
- De la poussière?
- Ben oui, on redevient de la poussière…
- Oh! MAMAN! MAMAN! Alors… avant, on était tous de la poussière?
- Euuuh…
- Tut-tut, parle pas maman, j’vais t’expliquer!
- Mais, mais…
- NON! Écoute, j’vais t’expliquer… Alors tu vois, avant, on était de la poussière, pis après ça, on était des singes, ensuite après plein d’années, les singes ils ont commencé à se tenir debout et là on est devenu des humains. Ensuite il y a très longtemps, il y a eu les indiens qui sont venus ici et là, il y en a un qui a léché de l’eau d’érable sur un arbre et il a eu envie de se faire du sirop. Et là, il a inventé le sirop d’érable en faisant bouillir l’eau d’érable. Pis là, il y a eu mon ancêtre qui est arrivé et là, il a fait des bébés et d’autres bébés, et d’autres bébés, puis d’autres bébés, pis des bébés, des bébés, des bébés, et des bébés, bébé-bébé-bébé-bébé, pis encore un bébé. Pis là il est mort, mas c’était pas grave parce qu’il avait eu plein de bébés et là il y a un de ses bébés qui a fait des bébés, des bébés, des bébés, des bébés, d’autres bébés, pis encore un bébé, et aussi d’autres bébés. Et un de ses bébés là, il a eu ta grand-maman. Elle, elle a eu grand-maman et elle; elle t’a eue et toi, t’as eu moi. C’est ça han?
- …

Cette capacité à faire des liens, avec tout… ça me jette par terre à tous coups. Observer ça; la construction de la pensée chez un enfant, ça me fascine toujours autant. Pas moyen de me tanner. J’ai rajouté un truc sur les bactéries, pour nuancer l’histoire de la poussière. Pour le reste, je me dis que Coquinette, elle vient grosso modo d’atteindre le niveau intellectuel que j’avais en secondaire 1.