J’avais gardé un souvenir d’intense satisfaction de l’automne 2006. Euh… attendons, je reformule. Automne 2006, ma vie et ce que je pensais que j’allais en faire, étaient en train de foutre le camp de 92 endroits à la fois; tous plus stratégiques les uns que les autres … et tous en même temps. Mais c’est aussi là, à ce moment, que j’ai décidé de me partir un blogue. Suis capricieuse un brin, je voulait faire ça compliqué. J’ai opté pour Movable Type. Parce qu’à l’époque choisir entre cela et WordPress c’était encore un casse tête (pour moi en tout cas) et que pour la newbie que j’étais ça n’était pas évident du tout de choisir. Ça a donné comme ça donne toujours quand je vais à l’épicerie (au musée, dans un spectacle, au magasin du futur ou chez jean couteux) et que je me choisis une file… j’ai opté pour le truc qui fallait pas. Celui qui ne ferait à peu près pas d’amélioration à son produit en 4 ans.
J’avais essayé de garder un template fourni mais je voulais trop changer de choses: couleur, largeur et je sais plus trop quoi. Cachée dans mon sous-sol, une fois Coquinette couchée, je descendais le soir une bière à la main et de gossais des codes que je ne comprenais pas. Ça a duré des jours…. et des jours…. et des jours…. J’oubliais de ramasser mes bières, alors ça s’empilait, la visite pensait que j’étais devenue alcoolique mais non, même pas; j’étais juste pas super douée pour le ménage. Bref, ça a duré des jouuuuurs, et des jouuuurs et encore des jouuuurs et puis un jour j’ai dit: “Suffit ostie, ça a d’l'air correct, ou à peu près, j’y touche plus!”
Oh, bien sûr, au bout de 2 mois je voulais changer le vert…
Et un autre mois plus tard j’ai voulu changer la bannière.
J’ai joué un petit peu avec ma blogoliste, d’ailleurs c’est ce que je trouve le plus compliqué; la blogoliste, parce que je suis constamment terrorisée à l’idée de blesser quelqu’un ou d’oublier quelqu’un d’ultra important. C’est compliqué parce que la blogosphère ça bouge tout le temps, il y a des centaines de nouveaux à tous moments. En 4 ans je me suis fait beaucoup d’amis, mais plusieurs n’entretiennent plus leur site. À partir de quand tu laisses tomber un lien? 1 an? 2 ans? 3 mois? Ah et où arrêter ? Han? Oùùùùùù? Parce que si je mets tous ceux que j’admire, que j’aime, pour qui j’ai du respect, qui m’ont démontré de l’amour ou du support à un moment donné, qui me lisent, qui me commentent, que je suis (juste ça, quotidiennement, ça donne environ 200)… ben j’ai plus besoin d’un blogue, j’ai besoin de pondre un guide. En tout cas bon, vous voyez le point? Si vous n’êtes pas sur ma blogoliste et que ça vous insulte, je suis désolée, sachez que je fais de la bile depuis 5 jours, rien que parce que j’espérais très fort que ça n’arrive pas. En fait là elle n’apparaît même pas la liste, parce que ce soir, ça ne me tente plus de jouer avec mon site.
Alors bon, voilà, pendant 4 ans, j’ai à peu près rien fait. Oh, bien sûr j’ai eu envie de changer la couleur, la forme, le fond, le tout mais héhé…. je le savais bien que ça serait long, alors j’y touchais pas.
Et puis?
Et puis… j’ai fini par oublier et me dire comme ça, en matinée en quelque part la semaine dernière: “Oh tiens, comme je me tourne les pouces je pourrais me fixer un nouveau défi? Et si j’essayais de déménager mon site?”
Han, han, han. Plus jamais.
Oh, au début c’était chouette, j’ai tout bâti sur le site d’un ami, ça avait l’air cute, j’étais fière de moi. Ensuite, j’ai décidé de revenir sur mon .com, pour mettre tout en ligne. Manœuvre pas compliquée me disais-je; je devrais être capable, en moins de 2 heures, de tout remettre à sa place. Ni vue, ni connue. Woohooo.
Héhé… à l’heure où je vous ai écrit ces lignes, mon site ressemblait à de la crotte depuis plus de 24h, j’avais saccagé TOUT. Mes anciens liens, mon ancien référencement, TOUT. J’ai perdu des commentaires, des billets, mon ego (mais là ça va, j’ai passé la journée à écouter de la bonne musique alors je suis presque trop de bonne humeur). Allant même, hier soir à 1 h le matin (et plusieurs autres fois par la suite), à me retrouver devant un site complètement blanc. Tantôt, pour une raison inconnue mon hébergeur ne voulait plus me donner accès à mon WordPress et je tournais en rond parce que non; j’avais pas envie de les appeler en braillant.
Ce qui est drôle dans ce genre de mésaventure, c’est que moi, ça me fait toujours me poser des questions sur moi. Genre: mais veux-tu bien m’expliquer pourquoi tu t’étais dit que tu allais être capable? Et puis j’ai fini par répondre: “Tu vois, c’est ça l’histoire de ma vie, je me fixe un objectif, que je prends toujours bien soin de sous-estimer, ensuite je me plante. Solide. Puis, comme je suis orgueilleuse, j’écris des emails à tout le monde autour de moi et je sacre et comme ce sont mes amis; ils m’écoutent et me disent que je suis cute et qu’ils m’aiment. Ensuite, je me redresse le cou, je fixe au loin et je fonce. Jusqu’à ce que j’aie réussi.” Bon, ok, j’ai pas encore complètement réussi dans le cas présent mais c’est en ligne. Ce qui est déjà bon signe.
Vouaip.
Et ensuite je déclare haut et fort et à tout le monde (pour être bien sûre que je n’oublierai pas cette fois-ci):”Plus ja-mais ostie”. Et finalement, ça finit toujours par être vrai, plus jamais… jusqu’à la prochaine fois.
À propos… je vous ai pas dit? J’ai entamé les démarches pour faire transférer mes cours à la maîtrise.