Mon hypothèse du jour
20 September 2009J’ai une hypothèse… au sujet des commentaires… je crois que les tendances évoluent…
Je n’étais pas là à l’époque cro-magnon, et à peine dans le temps de icq, j’ai vraiment embarqué dans le concept de l’Internet – pour faire autre chose que regarder la météo – quand la vague msn, eBay et les forums de discussions sont arrivés. À l’époque, je m’attachais aux gens rencontrés en ligne, et je prenais à coeur le destin de mes forums. J’enrageais quand un analphabète venait y faire son tour (ça baissait la qualité des échanges), ou que des morons s’obstinaient. Mon gros plaisir était de poster un sujet sur lequel tout le monde cliquait et pour lequel il y avait plein de réponses… ah… comme c’était grisant! Puis, peu à peu, ceux qui avaient le plus de contenu ont ouvert un blogue, on les connaissait déjà, puisqu’ils étaient nos amis sur un forum, alors on a commencé à les suivre… Puis leurs amis, et leurs amis. En fait, je suivais tout ce qui avait une personnalité plus ou moins compatible avec la mienne (je le fais encore d’ailleurs)… et je commentais partout. J’avais une opinion sur tout. Tout. Tout. “Ah! C’est comme moi ça!” “Rôôôô, on est pareils!” “Ouh, non, j’suis pas d’accord, bla, bla, bla”. J’ai rencontré plusieurs blogueurs à cette époque (en fait surtout des blogueuses) et plusieurs (à mon grand plaisir) sont mes amies maintenant.
Vint ensuite Facebook. Quoi de mieux que d’ajouter ses amis-blogueurs sur son Facebook? Je me le demande… Petit à petit on a pu se poker, commenter ses status, dire “j’aime” en voyant les photos des autres. Voir les vidéos qu’ils voulaient partager. Simili-chatter devant tous ses amis facebook (tout en essayant de paraître fabuleux). Et vint aussi Twitter. Maintenant, quand tu suis le blogue de quelqu’un, avec qui tu partages des opinions, un style de vie, une vision du présent et de l’avenir… il se retrouve aussi souvent sur ton Facebook, afin de partager des notes plus personnelles (comme la photo de madame en bikini à la plage l’été dernier ou monsieur qui vient de pêcher un gros poisson) et de se poker à grands coups de complicité; ainsi que sur Twitter afin de voir ses dernières entrées de blogue, les articles qu’il/elle lit et les lieux où il/elle pêche ses informations.
Ceci menant à cela… je me demande si l’information n’est pas en train de prendre un virage de réseau social exclusif au lieu d’être inclusif; le flux d’information se resserre en même temps qu’il s’agrandit, ne sommes nous pas en train de créer un lieu où “être l’ami” devient un préalable à l’accès à l’information? Une place où même les journalistes des grands quotidiens doivent se tailler une place… comment pourrions-nous, en effet, juger de leurs qualités d’analystes s’il nous est impossible de les poker ou de jouer au Scrabble avec eux en ligne le samedi soir? Puisque bon, c’est reconnu, pour être un bon analyste, il faut aussi être, au départ, un gars cool.
Enfin bon, je parlais des commentaires sur les blogues au départ… en résumé, ce que je veux dire, c’est que dans les grandes cliques, les gens ont tellement l’air d’avoir de la complicité, qu’il devient de plus en plus intimidant d’y mettre son grain de sel. Peut-être le simple lecteur a-t-il l’impression d’être une poussière dans l’univers? Et d’avoir des années de tranches de vie à rattraper avant de pouvoir être “dans la gang”?
