des Peccadilles en chroniques

|

… et autres histoires palpitantes

Vite de même, on pourrait croire que j'ai l'habitude d'avoir de la misère à me brancher

24 August 2009

J’aime beaucoup regarder les programmes de formations et les offres d’emplois, je ne sais pas trop pourquoi mais moi, ça me fait rêver… j’ai pensé devenir plein de choses dans ma vie, comme par exemple:
Avocate. J’avais fait deux demandes d’admissions au BAC; une en droit et une en cinéma d’animation. J’ai été acceptée dans les deux mais la bourse était plus grosse en animation (parce que mon papa travaillait dans cette université là et pas dans l’autre)… alors j’ai pris le chemin des beaux-arts. La bonne nouvelle c’est que comme mon université était anglo, j’ai fini, au bout de trois ans d’études, à me déniaiser et à accepter de parler en anglais malgré la honte de mon accent pas possible.
Ébéniste, j’étais comme trop sérieuse, jusqu’à ce que j’aille visiter un atelier d’ébéniste et que je réalise que j’arrivais pas à respirer avec toute cette poussière dans l’air. J’ai gardé plusieurs outils de cette époque et je rêve encore d’avoir une toupie. Aucune réalisation en bois potable par contre… à part un ou deux meubles décapés revendus dans des ventes de garage. Bref, pas très glorieux.
Madame d’aide humanitaire dans un pays pauvre. Genre. Là je mets une croix dessus pour un bon 14 ans encore mais rien ne dit qu’à la majorité de ma fille je ne m’envolerai pas pour loin-loin-loin-creux-creux.
Relieure. Je ne sais pas du tout si ça se dit comme ça. J’ai subventionné mes années de secondaire et de cégep en gossant des ceintures de cuir à mes amis. J’avais mes outils (que j’ai encore), mes teintures… et je faisais plein de barrettes et de bracelets aussi. J’ai pensé sérieusement en faire une carrière officielle ou bifurquer vers la reliure de livres mais pour une raison nébuleuse je suis devenue caissière dans un St-Hubert BBQ et j’ai tout mis de côté.
Électricienne, j’ai toujours eu ben peur de l’électricité, ça aurait été une façon de vaincre mes peurs… et je me disais que comme mon chum de l’époque était menuisier, on arriverait à se construire une maison pas chère. C’était ma vision du romantisme…
Souffleuse de verre. Encore mon petit côté hippie qui dit “coucou”.
Nutritionniste. Pour le fun. Je me suis toujours éperdument foutu des calories mais la chimie des aliments me fascine depuis longtemps.
Architecte. J’ai passé proche 3-4 fois de m’inscrire en architecture. C’est vraiment un domaine qui m’intéresse depuis l’enfance, j’ai toujours fait des plans. Chaque fois j’ai trop hésité… la dernière c’est il y a deux ans, c’est un peu con, j’aurais presque fini mon BAC à l’heure qu’il est. Un jour je prendrai ma revanche et je ferai les plans de ma maison.
Biologiste. C’est étrange, j’ai pas l’esprit scientifique pour deux cennes mais j’ai la conviction que j’aurais été une bonne biologiste.
Inventeure. J’aime optimiser les choses, j’ai inventé quelques trucs mais c’est sombré dans l’oubli et mon absence totale de connaissances en mécanique fait que je peux juste inventer des truc en bois et en cuir…
Mécanicienne. Parce que. Même si j’ai toujours pas mon permis…
Chauffeuse de camions. Mais ça partait mal à cause du permis conduire…
Chauffeuse de taxi. Le fait de ne pas avoir de permis de conduire m’a mis plusieurs bâtons dans les roues on dirait…
Archéologue. J’aime beaucoup fouiller et gratter des trucs enfouis, au sens propre et figuré.
Coiffeuse. Vouaip. Parce que j’aime jaser, écouter, consoler, jouer avec des trucs coupants et la sculpture. Me semble ça aurait fité. Je me venge de ma carrière avortée en coupant le toupet de Coquinette une fois de temps.
Tueuse de zombies. Je me défends bien à Resident Evil je trouve (même si ça fait trèèèès longtemps que j’ai pas joué). Et au nombre de rêves de zombies que j’ai fait, je commence à maîtriser l’art de les massacrer.
N’importe quoi en agriculture. Me serais vue vivre à la campagne et m’occuper de mon champs.
Chef cuisinière…. mais après plus ou mois cinq années de travail comme serveuse et barmaid… me suis rendue compte que cuisinier; c’est pas payant!
Esthéticienne. J’aime ça moi jouer avec la peau…
Danseuse nue. À l’époque par contre j’étais plus rigide que le poteau, ça a ralenti un peu mes ambitions. D’ailleurs c’est étrange, j’ai l’impression d’être plus souple qu’avant et je comprends pas trop pourquoi… la grossesse?!?
Modélisatrice 3D… ça aurait été logique après trois ans en 2D, j’ai pensé faire la maîtrise en animation aussi mais franchement je ne vois pas trop où ça aurait pu me mener, j’ai choisi les HEC en gestion à la place.
Conseillère en management. Observer les entreprises, les communications internes, les conflits, la distribution du travail, la gestion des opérations… ça me fascine et ça m’amuse.
Gestionnaire des ressources humaines. J’aime beaucoup aider les gens à gravir les échelons, à penser à moyen terme, à optimiser leur carrière… malheureusement j’ai comme l’impression que souvent ça se limite à: passer des entrevues, lire des tonnes de cv, mettre du monde dehors, gérer des personnalités complexes… moins intéressant tout à coup.
Conseillère en orientation. Après des années de surfage de formations, je considère que je commence à connaître ça un peu beaucoup le monde de l’éducation.
Finalement les études que j’entreprendrai bientôt touchent un peu mes trois derniers points: gestion de carrière, des formations, des gens… j’ai bien hâte de voir ce que ça va donner.

Fourmi

23 August 2009

La force de la nature m’impressionne; depuis quelques années, chaque automne, me viennent des pulsions de canning. Comme je maîtrise très mal l’art de canner la bouffe, je me suis développé d’autres techniques. L’an dernier, mon procédé de prédilection était le séchage de fruits, cette année, tout indique que je produirai des quantités industrielles… de confitures.. congelées.
Ça a commencé avec un panier de pêches acheté par mon amoureux, elles vieillissaient trop vite, j’ai eu envie de les sauver en les blanchissant, puis en faisant une batch de confiture de pêches. 4 pots que ça m’a donné… que j’ai terminés en moins de 2 semaines à presque moi toute seule. La semaine dernière à l’épicerie du coin, les pêches et les cerises étaient en spécial. Qu’aies-je fait? Ben oui, j’ai racheté un panier de pêches… j’ai fait un autre 3 pots de confitures (en fait c’est plus de la compote parce que je coupe gros et que je mets genre 2 cuillères à soupe de sucre aromatisé au poivre). Il ne reste déjà plus qu’un seul pot puisque j’en ai refilé un au voisin (qui venait de me faire un pain aux bananes) et que je suis passée à travers un autre pot, à la petite cuillère, hier soir en écoutant la télé.
Tantôt je m’attaquais aux cerises. Je les ai lavées et dénoyautées, j’ai tout sacré dans le chaudron avec un brin de sucre au poivre (bon dieu, ce sucre fait des miracles, il est comme trop bon, c’est un mélange de sucre, poivre, piments forts et huile de poivre).
Puisque quand je me lance dans la cuisine d’automne, pas grand chose ne m’arrête, je suis déjà en train de rêver de confitures de prunes, de confitures de mangues, d’autres confitures de pêches (c’est juste trop bon, dans un bol de yogourt nature avec un brin de sirop d’érable) et de compotes de pommes.
J’adore cette période de l’année, où l’envie de cuisiner et de cuisiner en gang me tenaille. J’ai hâte de retrouver mes amis autour de nos chaudrons et de gosser de gigantesques ragoûts de boulettes, soupes de légumes, ratatouilles, lasagnes et poulets aux olives.
Me semble ça sent déjà bon d’ailleurs…

Chouette, une liste qui me fait rêver!

23 August 2009

Comme j’ai tout plein de temps pour penser et rêver ces jours-ci, j’ai commencé ce matin à penser à… mes cadeaux de Noël, ceux que je voudrais faire… et euh… surtout ceux que j’aimerais recevoir. C’est niaiseux, il y a des tonnes de choses que j’aimerais avoir, que je rêve d’avoir depuis des années et quand on me le demande, je suis comme prise par surprise et je réponds un truc débile du genre: “Mais voyons, juste ta présence me suffira”.
Bullshit. Je fige quand on me prend par surprise, parce que si on creuse un peu, il y a pleiiiiin de choses sur ma liste de cadeaux de Noël! Voici donc mes deux listes:
Pour donner aux autres:
- J’aimerais concocter un genre de livre scrapbooking numérique que je ferais imprimer par le service apple (ou par un concurrent moins cher), un livre qui contiendrait de jolis souvenirs de Coquinette que je pourrais faire en quelques exemplaires, un pour elle, un pour moi et le reste aux multiples grands-parents… Ça demanderait beaucoup de temps par contre, je dois évaluer si je suis capable d’y arriver…
- Je songe à essayer de faire pousser quelques plants d’ananas, il me semble qu’un plant d’ananas c’est un cadeau original…
- Dans un chalet loué cet été j’ai vu… un canne-opener, tout simple, le modèle à 2 dollars qu’on trouve partout et qui ouvre les bouteilles de bières et les cannes de sirop d’érable. Bref, le canne-opener avait un aimant collé à l’endos et il était sur le frigo. Me semble que c’est une bonne idée de cadeau. Je pourrais en peinturer quelques uns (ben le milieu, pas le bout, parce que je ne veux pas de peinture dans les cannes de sirop) avec Coquinette et leur coller des aimants… genre.
- Voilà, pour le moment, je n’ai déjà plus d’idée…
Pour moi (qui va finir en à moi de moi pour les 5 prochaines années)
(Ah là… j’ai tout plein d’idées)
- L’intégrale de Stanley Kubrick
- L’intégrale d’Alfred Hitchcock
- L’intégrale de Buster Keaton
- L’intégrale des frères Marx
- Les films qu’il me manque de Lynch (et surtout la saison 2 de Twin Peaks)
- Les films qu’il me manque des frères Coen
- L’intégrale des épisodes de Friends
- Un bon dictionnaire du cinéma
- Le Bon Usage de Grevisse
- Un Stratego
- De nouvelles bottes d’hiver, ça fait 3 ans que je suis due et que je brette tellement que l’hiver se termine avant que j’aie eu le temps de me chausser convenablement.
- Un four à raclette
- Une nouvelle lentille pour ma caméra, ou une nouvelle caméra tout court… la mienne date de 2003 et je la sens vieillir. Je suis en train d’évaluer si je devrais changer ou non et si je change, est-ce que je devrais aller du côté de Nikon ou rester avec Canon? Parce que ça change tout au sujet des lentilles, si je reste avec Canon je peux simplement opter pour une nouvelle lentille et la récupérer sur un prochain appareil si mon mien actuel me lâche éventuellement… Huuum… dilemme dilemme.
- Un nouvel appareil photo de “poche”, j’ai scrappé le mien en à peine plus d’un an…
Et voilà, dans le fond, c’est un peu cher, mais tout simple…
*****
Ah, et euh, puisque j’ai des pulsions fort impressionnantes de surconsommation ce matin, je m’interdis toute sortie en magasin, sauf à la boulangerie pour aller y chercher mon café de la semaine et un bon pain. C’est plus sage il me semble…

Voyage au pays du vingtenaire typique

23 August 2009

Cette semaine, j’ai la chance d’essayer une autre vie. Je l’ai enfilée vendredi soir, sur le coup, en me regardant dans le miroir, j’ai trouvé que ça me donnait un air taquin, légèrement teinté d’innocence.
C’est que… ma fille est partie pour une semaine (un événement plutôt rare, je passe rarement plus de deux jours sans la voir), mon chum est parti travailler chez ses parents, mes deux voisins préférés sont absents. En moins de quelques heures, je suis passée du statut de maman-monoparentale-évoluant-en-famille-reconstituée-dans-un-bloc-dont-l’atmosphère-rappelle-étrangement-l’ambiance-de-la-télé-série-Friends à: fille-seule-dans-appartement-pas-super-propre-et-avec-au-moins-6-heures-de-trop-dans-sa-journée.
C’est pas des blagues, j’ai le sentiment profond d’être arrivée au bout de l’Internet. Vendredi, pour la première fois depuis des mois, j’ai ouvert le lecteur dvd afin d’écouter des épisodes de ma série préférée. Hier, après des heures de niaisage devant la télévision, je me suis tapé 4 autres épisodes. J’ai aussi eu le temps de lire une BD au complet, un exploit que je n’ai pas réussi depuis à peu près un an. En matinée j’ai rénové la bibliothèque (j’ai ajouté trois tablettes pour optimiser le rangement, je suis bien fière de mon oeuvre) du corridor et fait 2 lavages. J’ai eu le temps de parler en tout pas loin de trois heures au téléphone et de ranger le salon… sérieux là, ça n’a pas de sens, je ne sais plus quoi faire de mes 10 doigts. Réalisant que j’allais rapidement sombrer dans le marasme et le végétatisme le plus profond si je ne m’activais pas un peu plus, je me suis concocté un plan de match corsé pour la semaine:
Aujourd’hui:
- Faire la vaisselle
- Capturer les 6 araignées qui s’étaient fait des toiles sur le balcon hier et les mettre dans le bac de compost (dans mon bloc, on est comme une version de hippes-Friends, on fait du compost et on se partage la bouffe)
- Laver le plancher de la cuisine
- Prendre ma douche
- Appeler mon chum
- Laver les vitres extérieures de l’appartement… c’est un beau défi car les fenêtres ne se démontent pas toutes, je dois sortir avec ma chaudière, mon manche de balai et d’autres bébelles prêtées par mon papa et ma maman. (Ici je me permets de faire une parenthèse au sujet du nettoyant à vitre. J’ai essayé un truc: Pro-lav que vous trouverez chez Jean-Coutu… c’est magique… laver une fenêtre prend genre 5 minutes, elle devient impeccable et vous n’avez pas besoin de sécher la fenêtre, elle sèche sans trace toute seule… en plus… c’est biodégradable)
- Faire mon lit
- Faire le lit de ma fille
- Répondre au téléphone et parler à mon chum
- Corriger les 50 copies de mes étudiants
- Écrire la liste de ce que j’aimerais faire comme cadeaux de Noël (tsé si je veux offrir des fines herbes séchées, je dois commencer pas mal maintenant mon oeuvre)
- Acheter du café
- Préparer mes cours de demain
- Me chercher une bourse d’études; je retourne à l’université le mois prochain, à temps partiel, au 2e cycle, si vous avez des suggestions ou de l’info à partager sur le sujet, je suis toute ouïe.
- Manger
- Appeler mon chum
- Aller rejoindre des amis pour un souper le fun dans la Petite-Italie.
- Au retour écouter 2-3 autres épisodes de Flight of the Concords
- Lire des choses écrites sur du papier afin d’avoir l’impression que je suis cultivée
- M’inventer une belle histoire pour m’endormir
- Récupérer
En temps normal, aller acheter le café et faire la vaisselle auraient été bien assez, mais là… sérieux… je me tourne les pouces pas mal…
Au menu pour le reste de la semaine: pas grand chose, je me donne comme défi d’écouter un film par jour en revenant du travail… et de terminer de concocter un cahier d’activités pour mes étudiants.

Le bon goût, ça se développe

22 August 2009

À l’heure où je vous écris, Coquinette est dans un avion, direction vacances avec son papa. La petite chanceuse ira jouer dans la mer pour les 7 prochains jours. Comme je passais la journée d’hier en sa compagnie, j’ai décidé d’aller lui magasiner un petit calepin afin qu’elle puisse dessiner tout plein durant son périple. Nous sommes donc parties faire une promenade sur la Plaza et en avons profité pour regarder ce qui se fait de bien du côté des livres pour enfants, afin que, tant qu’à y être, elle ait un peu de lecture pour les prochaines semaines.
C’est le fun bouquiner avec elle. Elle est rendue à l’âge où elle choisit ses livres, les consulte, me demande mon avis. On les regarde ensemble. Elle me suit dans la section des grands pour que je me choisisse de nouveaux dictionnaires et de nouvelles grammaires… mais je m’égare. Je disais donc; nous étions dans la section des livres pour enfants, j’essayais de lui choisir de petits romans et de jolies histoires innocentes et mignonnes quand, tout à coup, mon regard bifurqua sur un joli livre illustrant une petite taupe qui portait un drôle de chapeau.
- Qu’est-ce donc que ceci? Me demandais-je alors en agrippant le petit livre. Et je commençai à le lire.
Oh mon dieu…. De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête.
J’avais entendu parler de ce livre il y a quelques temps mais bien honnêtement, j’étais loin de m’imaginer un face à face avec l’oeuvre en chair et en os. Je vous résume: une petite taupe sort de sont trou et reçoit au même moment, une énorme crotte (oui, oui) sur la tête. L’animal, indigné, rencontrera tous les animaux de la ferme au cours des prochaines pages et les accusera à tour de rôle de lui voir “fait” sur la tête. Chaque animal nie, lui prouvant, en s’exécutant devant elle, que leurs excréments à eux ne ressemblent pas à ce qu’elle a reçu sur la tête.
Mi-horrifiée, mi-incrédule, je confesse: j’achetai le livre.
Et vlan pour le bon goût, puisqu’apparemment tout se joue avant 6 ans, il me reste une bonne vingtaine de mois pour m’atteler à la tâche du transfert de soif de culture et de bienséance.
*****
J’ai craqué pour un autre livre: “C’est moi le plus beau”, suite de “C’est moi le plus fort”… (que je recommande de lire au préalable). Ceux-là, je vous assure, sont d’un absolu bon goût en plus d’être forts agréables et surtout pas mal drôles. Enfin, disons que ce sont des livres : “à punchs” et que les dits punchs sont tellement appréciés de Coquinette qu’elle me demande de relire 3 fois de suite.
C’est moi le plus fort
C’est moi le plus beau

Les temps changent

4 August 2009

Depuis que je suis toute petite, le soir, pour m’endormir, je me raconte des histoires. Des épopées. Avec des cosmonautes, des chevaliers, des chevaliers-cosmonautes, des pirates, des explorateurs de nouveaux continents, des aventuriers, des vampires, des militaires anglais du 18e siècle, des princes, rôôô, j’ai plein d’histoires de princes charmants… de maharajas… Et moi, ben, moi, je suis toujours l’héroïne maladroite mais courageuse et irrémédiablement adorable. Parfois mon meilleur ami est un dauphin, un perroquet, un singe ou un tigre géant du Bengale, des fois je sors un peu du créneau disney et j’ai juste pas de meilleur ami. Peu m’importe en fait puisque Je finis toujours par être fabuleuse et par épater la galerie par mon charme profond, mon adresse subjuguante, mes prouesses au maniement de l’épée ou à-la-nage-synchronisée-dans-une-mer-hostile-remplie-de-requins-féroces-et-sanguinaires-que-je-trouve-le-moyen-de-déjouer (à la surprise générale, grâce à mes aptitudes jusqu’alors insoupçonné de tous).
Et toutes ces histoires m’aident à m’endormir paisiblement, même que je dois avouer qu’elles font drôlement bien leur job.
Seulement voilà, je n’ai plus 17 ans et je commence à me remettre un peu en question; c’est qu’il est de plus en plus difficile de concilier ma vie de princesse téméraire et celle de maman. En d’autres termes, mes deux mondes commencent à s’affronter… plus possible pour moi de vivre sur un bateau de pirates sans Coquinette, je dois la ploguer dans l’histoire à un moment donné. Il y a aussi mon goût de la bonne bouffe, mon ordi avec connexion Internet sans fil… mon appareil photo, et tout ce qui fait que je suis moi finalement. Il y a aussi que je vieillis, je suis moins en forme, j’ai des problèmes de myopie (c’est dur de gérer un alter ego myope au 17e siècle perdu dans une mer de requins). Difficile aussi de me retrouver perdue sur une Île déserte ou dans la jungle indienne sans avoir prévu, au prologue, une épilation au laser et un traitement au laser contre la myopie… et là je ne parle même pas du casse-tête qui entoure mes prouesses au tir à l’arc puisque je ne suis même pas capable de me reconnaître dans un miroir si je ne porte pas mes verres correcteurs. Difficile aussi de me retrouver avec ma fille dans la brousse alors qu’elle devrait commencer l’école dans un an (faut alors que je prévois lui enseigner à lire et compter; je peux passer des nuits entières à planifier des méthodes d’enseignement pour pas qu’elle ait du retard à son retour en ville, sans compter qu’il me serait difficile de lui enseigner une deuxième langue puisque je ne maîtrise officiellement que le français, et encore). Difficile également de dealer avec les rides qui finiront bien par apparaître plus rapidement qu’autrement; j’ai longtemps été épargnée mais là, je vous assure, je sens que c’est pour bientôt pis je soupçonne que prince-charmant ne les aimera pas ce qui m’obligerait à m’inventer une nouvelle vie comme directrice de couvent de soeurs missionnaires.
Et puis, je dois me rendre à l’évidence, plus le temps avance plus je me sens ridicule et nounoune avec mes p’tites histoires à l’eau de rose. Je suis à la recherche d’une nouvelle épopée qui pourrait combler mon amour de la modernité et mon désir d’aventure. J’ai exploré le scénario de “la seule survivante d’un crash d’avion” mais je me tanne un peu de cette histoire là, pis Lost le fait mieux que moi de toute façon. En plus, Kate est plus cute que moi, c’est donc impossible d’effectuer une simple substitution; le casting serait déçu.
C’est donc aux prises avec de sérieux troubles de sommeil, provoqués clairement par ma vieillesse spontanée qui m’ont poussée depuis quelques nuits à m’imaginer… en train de ranger le pataclan débordant de l’appartement… dans des contenants géants Rubermaid. Je m’imagine en train de tout ranger, je choisis les morceaux; toi; dans le garde-robe; toi, dans l’autre garde-robe; toi, toi, toi, toi, toi; dans le garde robe. Oh! Mon bac est plein! Pas graaaaave, j’en ai plein d’autres! Je peux les empiler, gnac gnac gnac.
Voilà donc mon état d’esprit du moment; je suis à veille de troquer 28 années d’histoires d’audace et de courage… pour une solution de rangement. D’ici à ce que je me décide à dévaliser le Canadian Tire, j’avoue songer sérieusement à me recycler en écrivaine de romans à l’eau de rose, mais bien de son temps; avec un chapitre par roman qui serait consacré à l’ergonomie des armoires.