Voyant à quel point Coquinette aimait danser, j’ai cru que c’était une bonne idée de l’inscrire à un cours de ballet. Oh boy… si effectivement la petite a appris beaucoup et s’est développée durant ses deux sessions de danse, disons que j’ai trouvé l’expérience euh… intense? Cours à toutes les semaines, 24 fois depuis janvier; pratiques de 4 heures chaque semaine le dernier mois. Générale hier, puis spectacle hier et ce soir. Me disais en mon fort intérieur: “Me semble c’t'intense un peu pour une puce de 4 ans”. Ce le fut, vraiment. Je trouvais que c’était beaucoup de pression sur les épaules d’une enfant si jeune, et que ça commençait à coûter cher; les cours, les costumes, les billets de spectacle, le dvd (parce qu’il y a aura un dvd du spectacle et que oui, je le veux!).
C’est donc un peu incrédule et irritée que je me suis présentée à la première représentation du spectacle samedi soir. Suis arivée là en me disant: “Baon, deux heures de show et ma puce ne fera qu’une petite apparition de rien du tout”.
Grave erreur. Elle a fait toute la première partie comme une pro. Et un numéro à la deuxième partie. Une grosse heure d’émotion, parce qu’on peut se le dire maintenant, quand ton enfant de 4 ans fait un spectacle de ballet, c’est craquant. Tellement qu’à peine deux minutes après le début du spectacle, j’avais les larmes aux yeux et je n’ai pas réussi à les sécher durant toute la première heure. Elle était mimi… mais mimi… dans son p’tit kit rose, avec sa jupette, son chignon tout lissé, ses p’tits pieds en pointe, ricanant avec ses copines. C’était cute, mais cuuute! La pauvre semblait un peu perdue au début, elle me cherchait dans la salle et ne me voyait pas, à un moment donné j’ai même cru qu’elle commencerait à crier mon nom. Puis, elle m’a trouvée. M’a sourit. Me faisait des p’tits byebye et des clins d’oeil.
Elle aussi aura trouvé ses cours quelque peu intenses, elle n’en veut plus de ballet, et préférerait la natation pour l’automne. Pas de trouble coquine, moi j’veux juste que tu t’amuses et que tu explores un peu pour trouver ta voie. Le cours m’indiffère un peu, tu pourrais te lancer dans la boxe que je t’y accompagnerais avec joie.
Me demandais hier si je le referais, on me l’aurait demandé avant-hier j’aurais crié “NON” haut et fort mais pas là. Là, je recommencerais tout: les levers de bonne heure, la course pour pas arriver en retard, le traîneau dans la neige le samedi matin pour se rendre jusqu’au métro… Je referais tout, parce que franchement, les plus adorables sur une scène, ce sont les tout-petits. Elle manquent tellement de discipline, rient, s’amusent, font gaffe par dessus gaffe… et c’est précisément cela qui fait qu’un spectacle d’école de danse est irrésistible. J’aurais attendu qu’elle ait 6 ou 9 ans pour lui faire vivre l’expérience… que ça aurait été banal. Enfin je crois. On aurait perdu beaucoup en spontanéité je pense.
Alors voilà, le ballet est terminé, on n’en refera plus. Vive le ballet!
J’ai trop hâte de montrer le spectacle à nos proches qui l’ont manqué. D’ici là, je me repasse les événements d’hier dans ma petite tête et je ris toute seule, je m’émeut à rien; j’ai encore les larmes aux yeux.
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Suis bénévole pour le spectacle (mon genre ça, m’impliquer pis toutte). J’étais chargée de laver les costumes durant la nuit. Ce que je fis presque avec plaisir. Faut dire que ce matin, quand je me suis levée et que j’ai vu la trentaine de collants roses en train de sécher sur ma corde à linge… j’ai pas pu m’empêcher de prendre une photo. C’était presqu’aussi mignon que Coquinette en train de me faire des tatas sul stage. Ai dû relaver deux collants à midi: des moineaux avaient chié dessus. En tout cas… moi je trouve que c’est un bon plaidoyer contre la procrastination. Quand une école de danse se fie su’ toé, t’es mieux de t’atteler à la tâche rapido, tout d’un coup tu croiserais un moineau en cours de route…
En pliant les collants, me suis rendue compte qu’une paire était motonnée. Ai résisté à l’envie de lui enlever ses mottons. Après tout, ce ne sont pas ceux de ma fille…
Ah pis merde, me suis-je dit en me dirigeant au dodo. M’en fou! Facque c’est ça, hier soir, à minuit, j’enlevais les mottons d’une petite paire de collants roses, riant de bon coeur, devant ma tendance à prendre tout vaguement trop au sérieux (après tout, si ses parents la laissent faire un show emmottonnée, qui suis-je pour m’immiscer devant leur autorité?). Encore heureuse d’avoir réussi à ne pas les percer durant la manoeuvre… ça aurait été mon genre ça aussi: tout prendre trop au sérieux et fouarrer en cours d’exercice.
J’vous donne pas le nom de l’école, plus par timidité qu’autre chose, mais elle est bien cette école, si vous voulez des infos, écrivez-moi.
