Ça a commencé par une simple réflexion l’automne dernier. Moi, je voulais prendre des vacances. Je voulais bien en prendre sans ma fille mais partir toute seule à Gaspé ça me laisse froide. Complètement. J’aurais voulu partir avec du monde mais il y a un hic; le monde qui n’ont pas d’enfant, ben en général ils comprennent pas grand chose au parentage… s’ils n’en ont pas des enfants c’est qu’ils ont leurs raisons… et donc… eux + Coquinette et moi dans un chalet.. ben… euh.. ça risque d’être moche assez vite. J’ai aussi plusieurs couples d’amis qui ont des enfants. Ces gens sont fabuleux, vraiment. Et j’apprécie leur présence. Beaucoup. Seulement voilà, tsé, des fois quand t’es toute seule avec ton enfant, t’as pas nécessairement le goût d’aller t’enfermer avec des p’tits couples cutes pendant deux jours. Moi je me connais, je le sais que c’est un bon moyen pour me faire filer comme si j’étais poche… Partir toute seule avec ma fille en autobus pour aller m’enfermer dans une chambre d’hôtel, j’y ai pensé aussi mais euh, je trouve que c’est pire que pire. Ça coûte cher et c’est TELLEMENT pas reposant ! Tout ceci fait qu’il y a quelques mois, je me suis risquée… j’ai écrit un email de groupe à trois amies. Aucune ne se connaissait, je me disais qu’elles allaient me trouver débile… mais je me suis dit : ben coudonc ! Au pire elles vont trouver mon idée poche. Alors j’ai osé :
Je vous écris ce matin au risque de passer pour une folle mais je prends une chance…
Je pensais à ça tantôt, on est 4 mères célibataires, nos enfants ont tous entre 2 et 3 ans, 2 filles, 2 gars. Même si nos situations sont super différentes [blablabla...] Dooooonc, je me disais; que penseriez-vous si on s’organisait une fin de semaine dans la neige, par exemple en janvier prochain et qu’on parte, 4 mamans, 4 enfants, se faire une mini-galère de 2-3 jours dans un chalet près de pistes de ski de fond et de raquette ? Je suis sûre qu’on a en masse les capacités pour philisopher autour d’un petit feu de foyer et d’un bon verre de vin et que nos enfants adoreraient se retrouver en gang pour jouer dans la neige, sans compter qu’à 4, on pourrait se diviser les tâches et profiter à la fois des pistes difficiles et des pistes “familiales”.
J’ai été surprise de recevoir des réponses positives. 3. 4 avec la mienne.
S’il fut surprenant de me voir arrêter de procrastiner et prendre le téléphone pour faire une réservation, il fut encore plus surprenant, vendredi soir dernier, de constater qu’à l’unanimité, nous voulions toutes braver la tempête car il était hors de question qu’on écourte nos vacances.
Avons pris 3 heures pour nous rendre à Saint-Gabriel de Brandon. Je ne sais pas pour les 2 autres filles mais nous, on trippait dans l’auto:
- WOW t’as vu comme on est courageuses !?!
- Oh vouaiiiiis, on est courageuses
- Heille ! J’suis assez excitée ! C’est la première fois que je suis brave de même !
- On est un brin inconscientes aussi je suppose…
Une fois rendues au chalet, on était fières de nous autres. BEN fières… bon, c’est sûr qu’on a un peu sacré quand on a constaté que le déneigeur était pas passé et qu’il y avait 3 pieds de neige pour le dernier 200 mètres nous menant au chalet.. 3 pieds de neige au milieu desquels l’auto s’est prise solide… 3 pieds de neige dans lesquels nous avons dû marcher, nos puces dans nos bras, à 10h30 le soir… 3 pieds de neige dans lesquels que nous avons décidé de parcourir 3-4 fois chacune.. question de rapatrier les 4 caisses de bouffe (c’est même pas une joke) et nos 92 valises qui étaient toutes, ABSOLUMENT essentielles à notre survie de la première nuit.
En fin de compte c’était une super idée d’amener nos enfants avec nous autre, si on avait pas eu leurs traîneaux on aurait jamais pu charrier tous nos bagages… Même qu’à un moment donné… je marchais toute seule dans la neige, j’en avais jusqu’aux genoux, je voyais pas le chalet (sérieux il était loin de l’auto pas mal) je tirais mes bagages en regardant la neige tomber et j’ai eu une drôle d’impression. J’aurais pu être effondrée, fatiguée, fâchée qu’on soit prises dans le banc de neige, fâchée que ça nous ait pris le double du temps pour nous rendre… mais c’était pas ça, c’était pas ça du tout. Je pense que c’était du bonheur. J’étais fière de moi, fière de mes amies, et incroyablement heureuse de me trouver entourée de neige. Être un brin plus illuminée je vous dirais que j’ai presque eu l’impression d’être aussi courageuse que mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère qui a huuuum; je le sais pas ce qu’elle a fait mais je me doute que c’était avec la neige qui lui montait aux cuisses et qu’elle avait pas des mitaines kombi, elle (gnac, gnac, gnac). Tout ça pour dire qu’une grosse pouffée de bonheur m’envahissait et que je me sentais courageuse et que je me suis sentie valorisée et que ben, j’ai aimé ça. Tellement que j’avais juste envie de lâcher ma corde de traîneau et de me jeter tête première dans la neige. Ce qui je fit pour la première fois de la fin de semaine quelques minutes plus tard… et que nous refîmes toutes ensemble à de nombreuses reprises par la suite.
Le lendemain matin quand on s’est levées il y avait de la neige partout. Encore plus que la veille. Je veux pas faire ma fraîche là, mais c’était une des plus belles journées de l’hiver. Il y avait du soleil, sur le lac la neige nous montait aux cuisses… les enfant se sont amusés comme des petits fous; nous aussi.
Le soir on a couché notre marmaille et on a bu du mousseux sur le bord du feu.
Z’avons pas beaucoup dormi par contre… tsé… 4 filles et 4 enfants dans un chalet… mettons qu’on a jasé pas mal et que le matin il fallait se lever tôt. C’est étrange par contre, parce que moi, j’ai l’impression d’avoir eu droit à un vrai de vrai repos, comme j’en ai rarement eu au cours des 3 dernières années…
Le chemin parcouru vendredi soir (l’auto était au bout, dans la lumière):

Coquinette en ski :

Et ya pas juste moi qui a aimé se jeter dans la neige…
