7:20 Il fait encore noir et j’entends la pluie qui tombe dehors. Mausus, j’ai tellement pas le goût de me lever ! snooze…juste une fois, le temps de m’étirer le bas du dos et de me motiver. C’est rare que j’ai le goût de me mettre les pieds sur le plancher frette. Aujourd’hui encore moins. Coquinette dort encore, elle se lève vers 8 :00 d’habitude. Moi, ce matin à 8:00 je serai sous la pluie et je serai surtout en train de me demander si c’est un mal nécessaire. Je pense à Bibitte qui se tape non seulement l’aller-retour Deux-Montagnes/Montréal 5 jour semaine mais qui en plus doit se rendre à la garderie de fils à 8km de son travail. Ça y est, je commence à avoir un peu d’énergie. En fait je ne suis pas à plaindre, à 7:20 les gens normaux sont déjà en route pour leur travail, moi je suis encore au lit, 7 :30 mfffff, le snooze est passé, je calcule mentalement. Peut-être que si je brette jusqu’à 7 :40 je vais quand même avoir le temps de me préparer ? J’ai été prévoyante il faut dire : cheveux lavés depuis hier, vêtements soigneusement pliés sur le fauteuil de la chambre, il ne me reste qu’à me brosser les dents, me faire un couette et filer.
Mffff rôôôôôôô ok ma belle, prend ton courage à deux mains et lève toi. Un pied par terre. Ahhhh ? Le plancher est pas si froid en fin de compte. Ça y est, le sprint commence. Je m’habille, je me brosse les dents, crème de jour, un peu de fond de teint. Bon voilàaaa c’est pas si mal. Les cheveux maintenant. Une toque ? Ok, une toque, mais avec un look négligé, du genre j’ai beaucoup de cheveux et ils frisent légèrement alors ne vous surprenez pas si je ressemble à Ann of Green Gables dans sa période maîtresse d’école. Jolie barrette et ça a l’air de tenir. P-a-r-f-a-i-t, on ne touche pluuuus. Hop 2 clémentines dans ma poche de manteau, je mangerai plus en route si j’arrive en avance. Pas de café, je m’en vais passer une entrevue, j’ai déjà l’air hyperactive à jeun, y faudrait quand même pas leur faire peur…et puis le café…ça donne envie de pipi et mauvaise haleine. Pas pour rien les clémentines, c’est pas juste bon et rapide, ça donne surtout une bonne haleine ;).
8:00, ma coquinette se réveille, son papa a eu la gentillesse de venir s’en occuper ce matin alors je peux partir l’esprit en paix, elle ne sera pas rushée; pas ce matin. Elle va pouvoir déguster son petit déjeuner comme à son habitude, sans avoir à se soucier de la conciliation travail-famille…pas encore coquinette, mais si maman obtient l’emploi pour lequel elle va passer une entrevue ce matin, ton privilège pourrait rapidement s’envoler. Oh non ! J’avais oublié, je dois apporter mes diplômes ou non ? J’ai pas passé d’entrevue depuis 6 ans, je me sens vaguement out. Vaguement, c’est un euphémisme. Diplôme ou pas ? Et là je me vois répondre dans le même 15 minutes : « Ah non, je suis désolée, je n’ai pas apporté mes diplômes, vous ne me l’avez pas demandé au téléphone » et « d’après moi vous devriez m’engager parce que je suis une fille fantastique, pleine de jugement, d’initiative, vous allez voir, je suis très très autonome ». Bon; sont où les diplômes ?
8:08 je pars. Gros becs à tout le monde, je sors affronter la schnoute du dehors. Beark. 1er décembre, froid, pluvieux : moche, moche, moche. Et je n’ai encore rien vu, dans 3 heures quand je vais ressortir des bureaux il va y avoir un genre de vent et de grésille-pluie-verglaçante qui va m’attendre. Vive le métro et les passages souterrains, au moins je vais être protégée durant une partie du trajet. J’entre dans le métro. Ah ? J’me rappelais pas qu’il y avait plein de beaux mecs dans le métro du matin. Plein de beaux grands hommes habillés touts propres. Hum, hum, un bon argument contre le télétravail en tout cas.
On m’a dit que je passerais un test de français, j’ai ma grammaire avec moi pour réviser. Ma grosse faiblesse c’est les participes passés. Là je commence à être frue, je ne peux pas réviser, y’a pas de place assise et j’ai pas envie de pousser le zèle jusqu’à réviser ma grammaire debout au milieu du wagon. Fuck les participes. Ah, tiens, une place, j’ai juste 2 minutes avant mon arrêt mais coudonc, c’est peut-être assez. Page 125: verbes pronominaux, huhummmm, huhummmmm. Paaaarfait, je devrais être capable de m’en rappeler durant la prochaine heure.
Merde, ma toque est défaite. Objectif : trouver salle de bain publique avant d’arriver au lieu de l’entrevue afin de m’arranger les mèches et avoir l’air pas trop fripée.
8 :35 Sort du métro, pense encore à Bibitte qui a son bureau très près d’ici. Dis donc, si on m’engage, ça me fera une copine avec qui aller manger. Chouette, vraiment, il va falloir que je mette le paquet, elle m’intéresse de plus en plus cette job là.
Arrivé en avance j’ai réussi à trouver une salle de bain et même à m’asseoir dans un café pour m’engouffrer un berlingot de lait et une brioche aux raisins. Vive le Van Houtte.
En bout de ligne je crois avoir été correcte pour l’entrevue, ils n’ont sûrement pas été renversés , mais bon, je me défends bien je crois. Et je suis indulgente envers moi-même. C'était ma première entrevue depuis 6 ans; j’étais pas pire pour une rouillée.
Z’ont pas demandé à voir mes diplômes.
Le test de français était loin d’être aussi élaboré que je le croyais. Je pensais qu’ils essaieraient de me piéger avec des verbes pronominaux et des exceptions en tout genre. Ben non. « Madame veuillez nous rédiger une page sur tel sujet. » C’est tout ??? Oui, ils voulaient regarder si mon style d’écriture correspondait au leur. Ils analysent ma plume quoi. Là ma belle si t’as fait une faute ne t’en prends qu’à toi même !