Les règles du jeu
Il y a environ deux semaines, je vous entretenais au sujet de ma nouvelle politique financière. J'en reparle, parce que je me dis que coudonc, tout d'un coup ça inspire quelqu'un, ça sera cela de gagné.
Je récapitule... plus jeune (disons entre 16 et 25 ans), j'étais une gestionnaire financière hors pair, je suivais à la cenne l'évolution de mes avoirs, je lisais la section économie avant le reste quand je recevais le journal, je prenais des rendez-vous avec la conseillère financière de ma banque, de même, pour jaser; pour le fun. Cela m'amusait beaucoup. Tellement, que j'étais du genre à faire l'inventaire de mon actif et de mon passif en pédalant au retour du boulot. Les temps ont changés, j'ai changé de classe sociale (effectuant une légère droppe vers le bas), et j'ai surtout eu tout un lot de préoccupations autres, de l'ordre de: quoi faire à manger ce soir? Qui soit bon, complet et rapide? Où trouver un nouveau contrat de travail? Et toutes sortes d'autres occupations qu'imposent les statuts de maman et de travailleuse, de femme et de fille, de tout ceci qui tente de consolider cela avec un tantinet de grâce et une beurrée de bonne humeur.
Faque l'actif, le passif, ça a rapidement pris le bord... le nouvel objectif était: d'être heureuses, de manger bien et d'avoir le loyer payé. C'est là, à ce moment précis, que j'arrêtai complètement de compter et que la chic-a-chic se fit aller le popotin, non sans flirter un brin avec l'excès. Je tombais en face d'une épaule d'agneau à l'épicerie? Jamais je ne me posais la question "puis-je me la payer?" Je me contentais de me passer la remarque à moi-même "mioum, a-g-n-e-a-u...". Idem pour les sorties, les escapades, les livres et les vêtements.
Pour être bien franche, je dois avouer que je ne m'en sors pas si mal. Après plusieurs mois de relâchement, mes finances sont encore presque saines, mais je sens bien que l'heure se doit d'être à l'action. Je me dois de me ressaisir, de recommencer à compter. Pour mon bien, le bien de Coquinette, et pour le bien de nos éventuels projets, parce que j'en ai tout plein pour nous, des projets: voyages (plusieurs s'en viennent à grands pas, je dois les financer adéquatement), déménagement (il commence à être drôlement petit notre 4 1/2), je rêve aussi d'un terrain à la campagne d'ici quelques années...
Maintenant que je vous ai exposé le raisonnement siégeant derrière les redressements, je vous présente mon plan, qui se présente comme un jeu, je dois d'ailleurs vous avouer que plus j'y joue, plus cela m'amuse:
- Carte de crédit, hors du porte-monnaie. Je n'ai tout simplement plus le droit de l'utiliser
- Je paye le loyer par chèque, les comptes de téléphone et d'Internet en ligne, la garderie est retirée directement de mon compte.
- Interdiction d'utiliser la carte de débit, sauf le jeudi (jour de paie), où j'ai la permission d'aller me retirer une allocation (oui, oui, comme quand j'étais ado), que j'ai fixée à 100$, qui doivent payer l'épicerie, la pharmacie, les loisirs, tout.
Je recommence donc à payer tout cash, ce qui fait que je contrôle drôlement plus mes dépenses. Hier, par exemple, à la pharmacie... je peux vous assurer que je regardais attentivement les prix et que mon défit du moment était: ne pas casser un autre 20 (parce que c'est prouvé: une fois que tu casses un 20, les restes se dispersent en quelques minutes à peine).
Voilà, ça peut sembler très restrictif (ça l'est), mais en fait je découvre que mon jeu est étonnement amusant. Ça met un défi dans ma semaine, je dois faire appel à mon imagination, je n'achète plus de produits finis, seulement des "ingrédients", on mange très bien mais on va aller chercher nos protéines dans des viandes moins chères cet automne et on va couper ça avec des pois chiches en masse... Plus question d'aller au resto quand je suis au bureau, je mange uniquement des lunchs. Je calcule mon utilisation de billets d'autobus et prend davantage mon vélo. Trois semaines après le début du "jeu", je constate que je rembourse mes excès passés à la vitesse de l'éclair... et que franchement, je me délecte de mon nouveau pouvoir: celui de maîtriser... la bête (qu'est mon portefeuille).
Me sens comme dans une game de Monopoly et le jeudi, je jubile à l'idée de passer Go et réclamer 100$.
Commentaires
Bonne idée ! J'adore ton idée ! Je crois que je vais essayer de convaincre mon chum de faire la même chose ! Voyons ce que ça va donner... ;-)
Posted by: La Belle | septembre 26, 2009 02:12 PM
Wow! C'est donc bien l'fun, ton jeu! ;-)
Moi aussi je dois faire attention. Je recommence à travailler, mais j'ai de gros achats qui s'en viennent (pour mon boulot), alors... Je dois recommencer à calculer un peu mieux.
Merci de partager tes trucs! Plus on en a, mieux c'est!
Posted by: Anne-Lune | septembre 26, 2009 08:47 PM
Héhé, j'aurais jamais cru que mes lectrices trouveraient l'idée aussi le fun que moi!
Posted by: peccadilles | septembre 26, 2009 09:18 PM
Pas besoin de se priver pour économiser, il suffit de surveiller les circulaires pour trouver les spéciaux, la plupart des produit reviennent en spéciale au 3 semaine ou au mois suffit d'en stocker assez pour durer jusque la. Pour la viande on peut faire de la substitution comme par exemple la viande haché de cheval coute le meme prix que le porc haché mais est beaucoup moins gras. J'adore courir les soldes, ce qui compte c'est d'acheter seulement des choses dont on a besoin :P
Posted by: CaWo | septembre 27, 2009 10:26 PM
Ô merci pour ce petit cours express de finances...Je ne suis pas très douée, en période de "simplicité involontaire" avec des désirs plus grands que mes moyens. Ce billet m'offre de me reprendre, ça m'encourage, merci!
Posted by: mamanbooh | septembre 28, 2009 10:16 AM