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Césarienne

Je décide de vous en parler aujourd’hui parce que je lis souvent des histoires de mamans mortes de peur devant cette éventualité.  Je lis des histoires tristes, des histoires de filles qui considèrent ceci comme un échec et qui ont de la misère à se relever suite à l’intervention, pas parce que ça fait mal physiquement (quoique voui, c’est clair que ça fait mal) non , mais parce qu’elles ont mal à l’âme, elles sont déçues d’elles.
 
C’est quoi au juste une césarienne ?  Une intervention chirurgicale majeure, on vous ouvre, coupe, coupe, coupe la peau, les muscles et tout le reste jusqu’à ce qu’on puisse prendre votre bébé et le sortir de votre ventre.  Ensuite tout dépendant de la technique en vigueur à votre hôpital, on vous recoud ou on vous agrafe, on vous flanque en salle de réveil avec une sonde urinaire pour les prochains 12 heures et interdiction de bouger pour au moins ça : 12 heures.  Durant les jours qui suivent vous apprivoiserez le bonheur de la prise d’anti-douleurs, vous prierez pour de pas trop avoir envie de pipi et quand l’infirmière vous affirmera qu’une bonne douche vous ferais du bien vous la regarderez d’un air dubitatif, ayant grande crainte que l’eau puisse vous infecter.  Dans les jours qui suivent vous marcherez pliée en 2, vous n’aurez pas le droit de soulever un poids supérieur à 1 litre de lait de chaque bras.  Vous ne pourrez pas aller faire de marche et vous aurez une peur phobique de vos escaliers.  La cerise sur le Sunday ?  Interdiction de baiser durant 6 semaines…et si vous succombez à la tentation et que ça fait pas si mal en fin de compte…le moment de l’orgasme vous confirmera que c’était une grave erreur, l’utérus ayant, vous rappellerez-vous alors, la bonne idée de se contracter à répétition comme dans…ben comme lors de vos orgasmes normaux, sauf que vous n’y aviez pas porté attention avant !!!

Bon maintenant que je vous ai dit les vraies choses, laissez moi vous remonter le moral un brin.  Premièrement la césarienne : c’est pas si pire que ça.  J’ai juste écrit le précédent paragraphe pour que vous saisissiez bien l’ampleur de l’intervention.  Pour que celles qui sont tentées de trouver la césarienne plus accommodante aillent refaire leurs devoirs de recherche sur le net. Maintenant soyons réalistes, on est pas au Brésil ici.   Si votre médecin décide que vous avez besoin d’une césarienne d’urgence, si votre bébé est en mauvaise posture, si vous êtes en arrêt de travail, que ça tourne mal, que, que, que... voulez-vous je vous en prie ne pas vous sentir cheap ?  On est tout plein de mamans à être entrées dans le bateau du tout naturel : je veux un accouchement naturel, je veux gérer ma douleur avec la technique Bonapace, je veux une maison des naissances.  C’est bien beau tout ça et bravo pour tous vos efforts, pour cette grande confiance que vous faites en la vie pour cette détermination à offrir le meilleur à votre enfant et à vous-même mais sachez qu’au cours d’une grossesse, qu’au cours d’un accouchement , le scénario idylique qu’on s’est bâti dans notre tête il ne vaut rien.  C’est comme l’histoire du prince charmant qui sauve sa princesse…. In your dreams mesdames, vous vous êtes monté un bâteau.  Le prince charmant n’existe pas, l’accouchement parfait, il n’existe pas non plus.  Accoucher comportera toujours une partie d’imprévu et accoucher fera toujours mal.
 
Maintenant que vous avez lu tout ceci, je vous donne mes arguments pour apprécier votre césarienne et la voir sous un nouveau jour :

Premièrement, on vient de vous sauver la vie, soit la vôtre, soit celle de votre bébé soit carrément les 2.  Moi par exemple, je peux vous affirmer que sans la césarienne je serais morte, 2 fois plutôt qu’une.  Je ne serais jamais née car ma mère serait décédée sur sa première table d’accouchement et si on oublie ceci, JE serais décédée sur la mienne de table d’accouchement.  Coquinette n’aurait jamais pu faire entendre sa jolie voix, vous serions déjà un souvenir lointain pour nos proches.  Ne serais-ce que pour cela, je crois qu’il est de mise de réaliser notre chance à tous, de vivre dans un pays industrialisé, d’avoir accès à des services de santé potables et de ne pas avoir la crainte de mourir en nous rendant à l’hôpital lors de nos premières contractions.  Quand on arrive on se pose tout plein de questions, vais-je souffrir ?  Est-ce que ça va être long ?  Il va ressembler à quoi mon bébé ?  L’équipe médicale sera t-elle gentille et respectueuse ?  On a pas besoin de se poser LA question qu’encore tout plein de mamans se posent dans des pays pauvres : vais-je mourir aujourd’hui ?

Ensuite de cela, sincèrement, ça fait mal une césarienne, un accouchement naturel aussi ça fait mal et dans les deux cas; on oublie.  Vient un jour où il nous reste une toute petite cicatrice et sincèrement, elle est jolie la cicatrice.  La mienne en tout cas.  Voyons la comme un passage initiatique, un tatouage, un trophée et soyons fières de notre estampe.

Pour celles qui ont réussi à se sauver des hémorroïdes durant la grossesse, grosse victoire, vous arrivez officiellement à vous en tirer complètement !  Vous venez aussi de vous sauver de l’épisiotomie ou de la déchirure…hantises de la femme enceinte.  Marcher pliée en deux ou devoir s’asseoir sur un beignet de glace, franchement, je trouve que c’est un peu du pareil au même…

Le 6 semaines sans baise ici, c’est une prescription du docteur, vous pouvez vous cacher derrière sa prescription.  Il semblerait que les mausus de pensent pas à faire la même recommandation aux autres mamans…

Vous perdrez toute sensation tactile autour de votre cicatrice, ça revient lentement, très lentement.  Ce qui vous donne le temps d’aller vous faire épiler le bikini au laser sans douleur et pour la vie.  Pas tout de suiiiiite, mais comme la sensibilité prend beaucoup de temps à revenir si vous commencez les traitements entre 6 mois et un an plus tard vous serez quand même heureuse de ne rien sentir.

Enfin argument ultime, vous vous sauverez de ceci.

En gros mesdames, je vous en prie, ne jugez pas cette intervention comme un échec.  Lorsque la décision est prise dans le meilleur intérêt de la mère et de l’enfant, prenez-le comme une victoire, vous êtes chanceuse de pouvoir vous en tirer malgré tout.  Ne pas vivre les choses comme vous l’auriez voulu, ça fait partie de la maternité.  Ça peut commencer par une césarienne mais une chose est sûre, vous frapperez des murs pas mal souvent dans votre vie de maman «l’attitude grain de sel» et la bonne humeur s’avèrent être de très bons outils pour passer à travers vos embûches et vous relever de vos épreuves.

Au sujet des médicaments, ben oui, c'est plat, ils vont passer dans le lait mais franchement, votre lait reste la meilleure bouffe à bébé naissant pareil et puis c'est juste pour quelques jours.  Ne vous privez pas, vous allez souffrir si vous prenez cette décision.  Comme dans souffrir pour de vrai.  Bonne chance.

Ah oui, j'oubliais, suite à une césarienne, il est tout à fait possible d'allaiter.  Tout dépend des circonstances, mais on vous apportera probablement votre enfant en salle de réveil, moins d'une heure après l'intervention.  On est plus dans les années 70, les infirmières vous encourageront et seront compréhensives et maternantes.


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Commentaires

J'ai eu personnellement 2 césariennes et je ne m'en porte pas plus mal. Lorsque mon aîné aurait dû naître, on a tenté de me provoquer (4 fois plutôt qu'une...) et monsieur était trop bien dans le ventre de sa maman. On a donc dû prendre les grands moyens c'est à dire la césarienne. Je dois dire qu'après une semaine d'essai à accoucher naturellement j'ai accueilli la césarienne comme un soulagement. Je n'en pouvais plus d'aller à l'hôpital et de revenir chez nous les bras vides après avoir passé de longues heures à me promener dans les corridors en "faux travail". Ma gynécologue m'a par la suite expliqué que mon utérus faisait du travail inneficace et que ça se corrigeait rarement à une grossesse suivante. J'ai donc décidé de ne pas culpabiliser avec ça puisque je n'y pouvais rien. À mon 2e, pas question de me provoquer, pour moi ça c'est vraiment l'enfer. En accord avec mon médecin nous avons planifié une césarienne. Et même si je n'avais pas trop mal vécu la 1ère expérience, je peux vous dire qu'une césarienne planifiée, c'est du bonbon. Alors je te rejoins tout à fait dans ton commentaire. Mesdames qui venez de vivre une césarienne, dites vous que la vie vient de vous faire un cadeau inestimable.
Une maman heureuse avec ses 2 loulous

Tu décris bien la césarienne! Bravo!

Merci pour toutes les mamans qui auront besoin de lire du positif sur la césarienne et pour les mamans qui n'ont pas connu ça. Ça aide drôlement à se faire une idée juste de la chose et de nuancer ce que l'on entend à droite et à gauche. C'est toujours un plaisir de te lire!

Merci pour ce billet de déculpabilisation, dieu sait que les (nouvelles) mamans en ont toujours grand besoin! Mais on dirait qu'on trouve toujours une raison de culpabiliser quand même: césarienne, recours à l'épidurale (ah les petits commentaires sournois du genre "moi je n'en ai pas eu besoin...), etc.
Sans vouloir minimiser la douleur d'une césarienne, je peux vous dire que les hémorroïdes post-poussée peuvent être étonnamment intenses! On n'a pas vraiment plus de facilité à marcher nous non plus...
Afin de rassurer les futures mamans, je tiens quand même à souligner un élément clé de ce billet: on oublie! La preuve, on repart pour un deuxième...:-)

Et vous avez des experiences a partager sur la sexualite apres une cesarienne? Je suis desesperee de retrouvee ma libido d'avant...d'avant ma cesarienne d'il y a deux moi. Non seulement y faut faire avec la cesarienne mais aussi avec les apres...:(